Ballon de Paris : Après cette énième alerte, appel à la mobilisation face à l’urgence sanitaire

FORUM DES HALLES

Une nouvelle étude établie grâce au Ballon de Paris, mise au point par le CNRS, vient de confirmer hier, de façon alarmante, la présence massive dans l’air de microparticules extrêmement dangereuses pour la santé.

Cette publication est faite 5 jours après le rejet, par le Sénat, d’une proposition de loi que j’avais présentée, pour limiter progressivement les polluants automobiles émis notamment par le diesel (particules fines et oxydes d’azote).

Devant l’obstination du gouvernement et de la plupart des partis traditionnels (groupes UMP, UDI, socialistes et radicaux) dans le refus de prendre en compte ce risque, je prends acte de l’impossibilité actuelle d’obtenir une majorité au Sénat sur le sujet.

Face à ce déni stupéfiant de la réalité et des multiples alertes scientifiques, j’inviterai donc prochainement l’ensemble des partenaires qui m’ont soutenue (associations, médecins, experts, acteurs économiques) à une rencontre qui devra décider des formes d’actions nouvelles, y compris sur le terrain judiciaire.

Aline Archimbaud, Sénatrice de Seine-Saint-Denis,
Auteure de la proposition de loi relative à l’élargissement du bonus malus automobile aux particules fines
http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl13-802.html

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Les écologistes défendent un dispositif pour lutter contre les particules fines

Communiqué en date du 13 novembre 2014

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Le Groupe écologiste du Sénat a présenté mercredi 19 novembre, dans le cadre de son espace réservé (« niche parlementaire »), une proposition de loi « relative à la prise en compte par le bonus-malus automobile des émissions de particules fines et d’oxydes d’azote et à la transparence pour le consommateur des émissions de polluants automobiles ».

Aline Archimbaud, sénatrice de Seine-Saint-Denis et auteure de la proposition de loi, a profondément remanié le dispositif qui avait été proposé avant l’été, afin d’intégrer les remarques adressées par ses collègues sénateurs et sénatrices, les acteurs sanitaires et industriels et faire progresser le consensus émergeant sur l’urgence sanitaire que constitue la pollution de l’air.

Le nouveau dispositif prévoit donc de revoir les critères du bonus-malus automobile de manière à y intégrer une composante reposant sur les émissions des polluants atmosphériques que sont les oxydes d’azote et les particules fines, reconnues cancérogènes certains depuis 2012 par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS. Pour Aline Archimbaud : « Ce nouveau dispositif se veut incitatif et relève d’une écologie préventive, qui encourage aux bonnes pratiques. »

Il est à noter que ce dispositif, qui a le soutien de professionnels de santé et d’associations écologistes, n’a fait l’objet, en commission des finances, que de remarques de forme et non de fond.

La pollution de l’air a des conséquences directes sur notre santé, surtout lorsque le seuil de particules fines dans l’air dépasse les 50mg/m3 plus de 35 jours par an (valeur limite fixée par l’Europe). Or, trois millions de Franciliens habitent dans des zones où il n’est pas rare de dépasser cette valeur limite plus de 200 jours dans l’année. En tout, quinze zones en France, dont 12 agglomérations de plus de 100.000 habitants, seraient ainsi concernées par ces dépassements réguliers de seuils, ce qui vaut à la France d’être actuellement poursuivie par la Commission européenne devant la Cour de justice de l’Union européenne : elle pourrait être condamnée à de lourdes amendes, soit plus de 100 millions d’euros.

 

Le groupe écologiste du Sénat.

Des propos choquants sur l’IVG au Conseil d’Administration d’Est Ensemble du 18/11/2014

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Suite à la présentation d’un vœu par le groupe Ecologie et Citoyenneté demandant le soutien de la communauté d’agglomération à la reconstruction de la maternité aux Lilas  et rappelant le rôle primordial et pionnier de cet établissement public de proximité notamment dans la pratique de l’IVG, un vice-président de l’agglomération a prononcé des propos inacceptables portant atteintes à notre idéal républicain.

Il a qualifié l’IVG à un « acte barbare » et de « meurtre », ajoutant que pour lui, « le rôle premier d’une maternité » ne doit pas être un « accompagnement vers la mort ».

Au delà du peu de considération et de respect pour l’ espace public dans lequel ils ont été tenus, ces propos ont choqué l’ensemble des élus communautaires d’Est-Ensemble.

Souvenons-nous du procès de Bobigny, en 1972, une adolescente, Marie-Claire Chevalier avait été violée au lycée et avait eu recours à un avortement. Sans le soutien d’une partie des intellectuels français de cette période et sans la défense exemplaire de Giséle Halimi, cette jeune femme, avec sa mère, auraient été condamnées à trois de prison ferme. Trois ans plus tard était votée la loi Veil autorisant l’Interruption Volontaire de Grossesse.

Avec la plus grande fermeté le groupe Ecologie et Citoyenneté condamne ces propos et ne peut accepter qu’un vice-président d’agglomération remette en cause une loi fondamentale pour le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes !

Il demande solennellement au président d’Est-Ensemble, de prendre toutes dispositions pour que ce type de provocations n’ait plus aucune place dans l’enceinte communautaire et le cas échéant, de les sanctionner.

A travers cette réaction, notre plaidoyer en faveur de la reconstruction de la maternité aux  Lilas et de la lutte de son personnel ne fait que se renforcer  car ce lieu de notre département reste exemplaire que ce soit dans la liberté d’accoucher ou d’avorter !

Sivens : la colère ne passe pas

 

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Trois semaines après la mort de Rémi Fraisse, la colère ne passe pas. Les demandes d’explications non plus. On a voulu mettre la réaction des écologistes sur le compte de la sensiblerie ou, pire, d’une envie de “récupération“. Il s’agit pourtant de demander la vérité et de répondre à de simples questions.

“S’il y a faute, il y aura sanction“, promet Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Mais on ne peut pas se réfugier derrière des enquêtes administratives en cours pour ne pas prendre ses responsabilités.

Y-a-t-il dissimulation, mensonge, erreur dans la communication gouvernementale ?
Pourquoi des informations contradictoires apparaissent sur les consignes de “fermeté“ qui auraient été données aux forces de l’ordre ? Pourquoi la mission de maintien de l’ordre a t-elle échouée puisqu’il y a eu un mort ? Il y a d’ores et déjà des réponses politiques à apporter. Reconnaitre cela est la première étape nécessaire à l’apaisement.

Au delà, la mort de Rémi Fraisse doit être le déclic qui nous fait prendre conscience de cette crise démocratique et de la dérive sécuritaire qui en est la traduction. Cela passe par quatre grands chantiers :

Il faut d’abord s’attaquer à la question des violences policières et faire évoluer la doctrine du maintien de l’ordre vers la médiation plutôt que la répression. Cela passe évidemment par l’interdiction pure et simple de toutes les armes dites non létales (flashballs, taser…), et pas seulement des grenades.

Il faut ensuite revoir les règles de l’utilité publique. Cette dernière est devenue une simple procédure administrative qui laisse la porte ouverte aux conflits d’intérêts. C’est le cas par exemple à Sivens, où la société qui a fait l’étude concluant à l’intérêt du barrage est la même qui doit le construire.

Il faut également redonner du sens et du souffle à notre démocratie. Les citoyens ne croient plus dans la parole de leurs représentants. Ces derniers, adeptes d’un cumul dans le temps que plus personne n’accepte, doivent partager une partie de leur pouvoir avec les citoyens, à travers le développement d’une multitude d’outils relevant de la démocratie participative, comme les referendums locaux ou encore le droit d’initiative citoyenne.

Il faut enfin revoir notre rapport à la nature et notre modèle agricole. Tant que les services rendus par les espaces naturels ne seront pas pris en compte par notre économie et notre modèle de développement, nous continuerons à avoir des projets d’aménagement contraire à l’intérêt général. Les forêts, les zones humides, les cours d’eau, les mers et les océans, les montagnes jouent un rôle vital dans le maintien de notre éco système, et à terme pour la survie de l’humanité. Tous les projets qui ne prennent pas en compte le long terme sont donc des bombes à retardement, tant sur le plan environnemental que sur le plan social.

Après le choc, en plus de l’exigence de vérité, s’attaquer à ces quatre chantiers est la seule manière de répondre dignement à ce qui s’est passé à Sivens il y a trois semaines.

La multiplication des data centers en Seine Saint Denis

 La « révolution » du Big Data (les Méga Données) est en route, mais pour quelle révolution ?

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Photo : Yves Marchand et Romain Meffre pour « Le Monde « 

 

Internet n’est pas que «virtuel », il a un coût énergétique et environnemental : son usage représente 2 % des émissions mondiales de CO2 (autant que l’aviation civile). En France, l’utilisation du Web représente 9,5 % de la consommation électrique nationale.

Les réseaux de télécommunications, les connexions d’ordinateurs, portables, tablettes… sont plus efficients technologiquement et moins polluants d’année en année, mais le nombre des utilisateurs croît et l’échange de données augmente inexorablement.

Ces évolutions ont entraîné réflexions et débats, notamment au sein de la communauté de communes Plaine Commune (autour de Saint Denis), avec l’implantation sur son territoire de nombreux « data centers » (centres de données). L’écologiste Michel Bourgain (maire de l’Ile Saint Denis), a présenté un audit sur ce sujet, en sa qualité de vice- président à l’écologie urbaine de Plaine Commune.

Je résume ci dessous les principales constatations et interrogations de cet audit :

  • Les data centers stockent les données numériques, données en forte croissance avec l’usage du « cloud computing » (le stockage des données des internautes sur les disques durs communs des centres). Il  existe 14 centres (et 3 sont en projet) sur le territoire de Plaine Commune, soit la moitié des implantations franciliennes. Ils sont composés de bureaux, d’équipements électroniques (serveurs…) et peuvent être dédiés à un seul client (par ex. Amazon) ou être loués à plusieurs. Leur développement en Seine Saint Denis s’explique essentiellement par des terrains disponibles à des prix plus bas qu’à Paris, par l’existence d’un réseau de télécommunications de qualité, dont des opérateurs proposant la fibre optique.
  • La consommation d’électricité des data centers est très importante. Les appareils, toujours allumés, n’utilisent le plus souvent que 10 % de leur capacité et les data centers sur-dimensionnent de 30 à 50 % leurs besoins de puissance pour avoir une réserve de secours. Ainsi on estime que les 14  centres consomment l’équivalent d’une ville de 250 000 habitants et que les centres de données du monde utilisent chaque année l’équivalant de la production de 30 centrales nucléaires. En Ile de France, l’implantation  annoncée de nouveaux centres de données s’accompagnera d’une multiplication par 7 de leur puissance électrique en 5 ans ; les équipements électriques nécessaires pour couvrir ces nouveaux besoins restant à la charge d’ERDF. Ajoutons que les data centers possèdent tous, en cas de défaillance du réseau, des groupes électrogènes au fuel stocké en cuves enterrées.
  • Les équipements électroniques des centres doivent être refroidis en permanence (à 21 degrés) et la chaleur est rejetée à l’extérieur des bâtiments.
  • Les emplois directs créés par les centres de données sont très limités. Sur une surface équivalente, une PME/PMI en génère bien davantage.
  • La réforme de la taxe professionnelle, depuis 2010, a fortement réduit les recettes fiscales générées par les data centers, car ils sont définis par les services des impôts comme des entrepôts classiques et imposés comme tels, soit moins que si on prenait en compte la technologie des services utilisés.

La question des centres de données a entraîné une réflexion des écologistes du département qui vont faire des propositions  pour :

  • Interpeller l’Etat et les parlementaires pour obtenir une fiscalité plus juste des data centers.
  • Limiter leur consommation énergétique, par ex avec un refroidissement à 25 degrés au lieu de 21 ? Et privilégier les énergies renouvelables.
  • Récupérer et valoriser la chaleur (création d’un réseau de chaleur urbain avec des collectivités, des aménageurs ; regrouper les centres futurs sur un même espace et préférer la verticalité…).

 

L’internaute écocitoyen peut déjà s’imprégner de quelques bons gestes pour limiter ses émissions de CO2 : supprimer régulièrement les courriels stockés ; préférer l’envoi d’e-mails groupés si possible ; compresser ses pièces jointes ; conserver de préférence ses documents et images sur des disques durs externes personnels….

Notons que les besoins augmentent mais que le stockage de données coûte de moins en moins cher et que les constructeurs de composants eux-mêmes sont engagés dans la réduction de la consommation électrique : avec des puces de processeurs de plus en plus finement gravées qui chauffent moins et consomment moins pour une puissance pourtant décuplée.

Ces considérations à propos des data centers nous renvoient à des questions plus vastes : Internet est il bon pour la planète ? Peut il permettre une civilisation techniquement soutenable ?…

Les hautes technologies utilisent des ressources rares, pas ou peu recyclables (terres rares, titane…), et les grandes sociétés poussent à la fabrication d’objets à l’obsolescence programmée ou trop vite dépassés ; cette fuite en avant (attendue et encouragée par bien des consommateurs) s’accompagne d’une raréfaction des ressources, de la pollution des sols, des eaux, de l’air, avec des évolutions préoccupantes liées au réchauffement climatique.

A ce sujet, la puissance du Big Data avec sa masse astronomique de données numériques et de mesures mises notamment au service du Climate Data, peut elle suffire à limiter le réchauffement climatique ? C’est un outil technologique extraordinaire scrutant les évolutions du climat de la Terre pour mieux connaître, comprendre et décider, certes, mais tout dépendra, comme toujours, de son usage : Monsanto et les spéculateurs du « risque agricole » savent aussi se servir de ces données pour leur profit et non celui des habitants de la planète !

L’urgence serait de changer de modèle énergétique : sobriété, efficacité, renouvelables, recyclage… avec un Big Data au service d’un développement soutenable : pour une vraie révolution !

  1. T. (Librement inspiré du compte rendu d’EELV 93 et d’articles du Monde, de Libération, de Géo.)

Ne ratez pas la rencontre « Un autre regard sur les Roms d’Aulnay – Le 15 novembre

 Le  Collectif de soutien aux familles roms d’Aulnay présente : 

« UN AUTRE REGARD SUR LES ROMS D’AULNAY »

 samedi 15 Novembre de 16h30 à 19h

Salle Dumont – Aulnay (RER B)

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Au programme, projection et échanges autour de :

  • « L’école pour tous » de Catherine Gaudin et Seydou Touré – Film produit par ERRC (17mn).
  •  Diaporama « Roms des bidonvilles – Roms d’Aulnay » – Photos de Voyageurs-Créateurs.
  •  « Atelier journalisme du Collège Debussy » – Reportage de collégiens sur le campement Chagall-Aulnay (4mn).