Loi biodiversité : des avancées mais qui ne répondent pas à l’urgence des enjeux

Loi biodiversité : des avancées mais qui ne répondent pas à l’urgence des enjeux

Débattue dans la foulée de la COP21 et de l’accord de Paris, la loi biodiversité était attendue comme une grande évolution de la mandature, de celles capables de prouver que l’OCDE avait tort d’accuser la France de ne pas assumer son rôle dans la lutte pour la protection de la planète. Si des avancées sont notables, force est de constater que le texte est loin d’être à la hauteur des enjeux.

En proposant de repousser la mise en place de plusieurs mesures phares, la secrétaire d’Etat à la biodiversité Barbara Pompili a démontré que les enjeux de santé et de préservation du climat n’étaient pas une priorité pour ce gouvernement. Une attitude préjudiciable à la loi et au climat que déplorent les écologistes.

Des reculs majeurs

La troisième lecture à l’Assemblée Nationale et au Sénat a connu des reculs majeurs, notamment sur la taxation de l’huile de palme qui avait été gagnée par un amendement écologiste au Sénat porté par Aline Archimbaud et Ronan Dantec, remplacée par un engagement du gouvernement à travailler sur le sujet… alors même que les conséquences dévastatrices de la culture de l’huile de palme pour la biodiversité sont aujourd’hui avérées.

Sur la question de l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes, dont les scientifique ont démontré les effets catastrophiques sur la mortalité des pollinisateurs, et qui a rencontré un soutien massif de la population, l’Assemblée Nationale a finalement conservé une interdiction en 2018, mais assortie de dérogations mal définies jusqu’à 2020. C’est avec une grande déception que les écologistes prennent acte de cette décision.

Des avancées importantes

Pour autant, le combat mené par les écologistes, contre ceux qui aiment se parer d’une écologie marketing et de façade, a su porter ses fruits. Sous l’impulsion des parlementaires écologistes, la protection des espèces endémiques les plus menacées est rendue systématique, les battues sur les espèces protégées sont interdites, les allées d’arbres bénéficient d’une protection, le champ de la non brevetabilité du vivant est élargi, les échanges de semences sont facilités etc.

La reconnaissance du préjudice écologique ouvre quant à elle la possibilité d’intenter des actions en justice contre les pollueurs et a pour de donner un fondement juridique renforcé au préjudice écologique (« tout fait quelconque de l’homme qui cause un dommage à l’environnement ») et à son indemnisation.

La reconnaissance de la biopiraterie est inscrite dans la loi. La France montre ainsi sa volonté de préserver la diversité biologique et culturelle et de protéger les peuples autochtones du pillage de leurs ressources et savoirs traditionnels par de grands groupes industriels.

Alors que le Sénat italien a inscrit la notion de crimes contre l’environnement (« ecoreati ») dans son code pénal, en France, le gouvernement est à l’origine des reculs sur de l’huile de palme ou les néonicotinoïdes. Un signe politique fort, témoin des clivages qui sont apparus lors des débats entre les défenseurs de la biodiversité, un bien commun fragile, dont dépend 40% de l’activité humaine, et ceux qui déconsidèrent la nature en l’opprimant comme un produit à exploiter.

Cette loi sur la reconquête de la biodiversité, bien que contenant de nombreuses dispositions porteuses d’améliorations, reste une loi a minima et ne répond pas à l’urgence d’agir qui devrait être la notre.

Communiqué EELV

Publicités

Bure : le dangereux passage en force de l’État

Europe Écologie Les Verts apprend avec consternation l’évacuation des opposants au projet Cigéo de la forêt de Mandres, près de Bure, dans la Meuse.

La forêt était occupée par des militants pacifiques s’opposant au défrichage illégal que voulait pratiquer l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Cette agence, chargée de faire construire et d’exploiter Cigéo a commencé les travaux sans base légale.

Les écologistes rappellent que la loi décidant de l’enfouissement des déchets radioactifs n’est pas encore votée, ni le lieu formellement décidé.

À Sivens, c’est une situation similaire qui a entrainé la mort de Rémi Fraisse : le gouvernement avait décidé de passer en force, et de déloger des occupants pacifiques, provoquant le drame que nous connaissons. Depuis, la déclaration d’utilité publique a été annulée par un tribunal. ll aura fallu qu’un jeune étudiant en botanique perde la vie pour qu’un barrage inutile et illégal ne se fasse pas.

Enfin, Europe Écologie Les Verts rappelle sont opposition au projet Cigéo. Cigéo, c’est l’enfouissement à plus de 500 mètres sous terre de déchets radioactifs à vie longue, c’est à dire qu’ils resteront radioactifs pendant plus de 100 000 ans, et certains pendant 1 million d’années. Ce projet met en danger la nappe phréatique et les terres en surface, et engage l’humanité.

Les écologistes appellent à mettre fin à ce projet démesuré, et rappellent que la réversibilité des solutions est une exigence pour les générations futures.

Julien Bayou, Sandra Regol, porte-parole nationaux

Linky, la lutte continue à Bondy

Le 19 mai se tenait une réunion d’information à l’initiative de des sections locales EELV, PC-Front de Gauche, PS, Bondy Ecologie, de la CNL 93, et de la Ligue des Droits de l’Homme 93, au sujet du déploiement des désormais tristement connus compteurs Linky, réelle gabegie sociale avec la disparition de 15 000 postes de releveurs au niveau national et écologique, puisque des millions de compteurs fonctionnels (durée de vie de 70 ans) seront détruits et que les compteurs Linky devront quant à eux être remplacés tous les 20 ans.

Cette réunion fut un Franc succès, notamment par la participation citoyenne, mais aussi par la qualité des intervenants, notamment Etienne Cendrier (porte-parole de robins des Toits) et Yvan Rougier technicien / syndicaliste chez ERDF, enfin par la prise de position de Sylvine Thomassin, Maire de Bondy, de prendre un arrêté interdisant l’installation des compteurs sur le territoire tant qu’ERDF n’aura pas répondu à nos questions.

IMG_2925IMG_2935

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la suite de cette réunion un collectif citoyen fut créé afin d’informer, d’agir, par et pour les Bondynois, face à ce déploiement que l’on peut qualifier de déraisonnable et de précipité. Si vous souhaitez les contacter : collectiflinkybondy@laposte.net

Le REFLETS du mois de juillet, un article pose les grandes questions de la municipalité : « En cause, principalement, la collecte de la « courbe de charge » – la consommation électrique heure par heure. Cette donnée est très précieuse pour ERDF, mais elle est aussi très révélatrice d’informations privées : on peut en déduire les présences et absences du domicile, le type de chauffage, les moments où une personne prend une douche… La maire et l’ensemble des groupes de la majorité municipale souhaitent donc qu’ERDF « soit en mesure d’apporter des garanties sur la sécurisation des données collectées ». Dans un courrier adressé au début du mois au distributeur d’électricité, Sylvine Thomassin exige d’obtenir des réponses précises aux questions posées. « La loi oblige ERDF à installer des compteurs déportés aux foyers en situation de précarité énergétique. Que se passe-t-il si une famille bénéficiant d’un tel compteur déménage ? Pourquoi l’ensemble des foyers ne pourraient-ils pas en bénéficier du dispositif puisqu’un des rares intérêts de Linky est de permettre aux ménages de suivre et mieux gérer leur consommation ? Les familles peuvent-elles subir une coupure de courant à distance ? » Enfin, il est également prévu par ERDF de recueillir les informations récupérées dans les logements via les transformateurs implantés dans toute la Ville puis de les envoyer par ondes via des antennes relais anciennes générations du type GPRS. Une technologie obsolète reconnue comme potentiellement cancérogène. Face à ces nombreuses inquiétudes et interrogations – et sans réponses d’ERDF – la municipalité envisage de signer un arrêté en défaveur des installations. »

L’article dans son intégralité, tiré du Magazine REFLETS de juillet 2016

Article Linky

A la suite de la réunion, une lettre fut adressée par la Maire à ENEDIS, nouveau nom d’ERDF, en date du 2 juin 2016.

Lettre bondy ERDF 1

Lettre bondy ERDF 2

Quant à l’arrêté ce dernier a été signé le 22 juin 2016 et envoyé à la préfecture, actuellement la municipalité est en attente d’une réponse. Si vous souhaitez le consulter vous pouvez le télécharger via ce lien.

En tant qu’individu il est difficile d’agir sur cette question. Si votre compteur se trouve à l’intérieur d’habitation, il vous est possible de ne pas ouvrir votre porte lors du passage des techniciens ENEDIS. Dans le cas ou votre compteur serait à l’extérieur et s’il n’a pas encore été changé, nous vous conseillons d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à ENEDIS, nouveau nom d’ERDF, en indiquant que vous refusez l’installation du compteur Linky et d’afficher une photocopie de cette lettre sur votre compteur.


Documents complémentaires

Télécharger la demande de recours gracieux d’ENEDIS (Ex ERDF) en date du 13 juillet 2016