Réforme des rythmes éducatifs : les réponses aux questions que vous vous posez

En ce début de mois de mars, l’heure est toujours à la concertation et à la réflexion sur le  projet de la ville de Bondy quant à la réforme des rythmes scolaires que nous souhaitons mettre en place dès la rentrée scolaire 2013.

Parents, enseignants, acteurs de la communauté éducative ont été nombreux à nous faire part de leurs inquiétudes, leurs difficultés à comprendre les différentes hypothèses proposées et leurs incidences pour leurs enfants et pour eux-mêmes. Afin de vous permettre de mieux comprendre les enjeux, et de vous prononcer sur les hypothèses qui vous ont été proposées, nous souhaitons dans cet article répondre aux principales questions que vous vous posez.  

Depuis la mise en place de la semaine de 4 jours en 2008, les écoliers français subissent des journées plus longues et plus chargées que la plupart des autres élèves dans le monde. Les chrono-biologistes ont démontré que les enfants n’avaient pas les mêmes capacités de concentration selon les heures de la journée et l’alternance des types d’activité. Ainsi sont préconisés un démarrage plus tardif le matin et une reprise plus tardive après le repas du midi notamment.

Les objectifs de cette réforme sont multiples. Elle doit permettre de favoriser la réussite scolaire de nos enfants, notamment en luttant contre les inégalités d’accès aux savoirs, tout en respectant leurs rythmes. Pour cela l’école doit disposer des moyens pour mieux fonctionner, et nous devons construire un projet global avec l’ensemble des acteurs éducatifs.

«  Nous avons le devoir collectif de mettre fin à cette spécificité français qui dure dans la majorité des écoles, depuis maintenant quatre ans, et qui pénalise les plus faibles. La réforme des rythmes à l’école primaire doit nous permettre de mieux répartir les heures de cours sur la semaine, d’alléger la journée de classe et de programmer les enseignements à des moments où la faculté de concentration des élèves est la plus grande. Au-delà du respect des rythmes naturels d’apprentissage et de repos de l’enfants, cette réforme vise à assurer un meilleur équilibre du temps scolaire et du temps périscolaire en favorisant des activités sportives, culturelles, artistiques ». Vincent Peillon, ministre de l’éducation.

A Bondy, dans les délais qui nous ont été impartis, nous avons souhaité mener une large concertation avec l’ensemble de la communauté éducative afin d’aboutir à un projet co-construit avec tous les acteurs. Les services de la mairie ont travaillé entre décembre 2012 et février 2013 sur des hypothèses, les avantages et inconvénients ou encore les incidences humaines, matérielles et budgétaires de la réforme. Dès la parution du décret relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires, publié au Journal Officiel le 26 janvier dernier, la concertation  a pu s’organiser. Entre le 10 et le 28 février 2013, l’ensemble des acteurs concernés ont été consultés : inspecteur de l’éducation nationale, directeur académique, directeurs d’école, directeurs des centres de loisirs, représentants des parents d’élèves, enseignants et syndicats enseignants, animateurs, ATSEMS, gardiens, personnels des écoles élémentaires et de restauration, associations…

Des courriers et questionnaires pour recueillir les avis de chacun sur les différentes hypothèses proposées ont été envoyés à plus 5000 familles et enseignants Bondynois, et sont actuellement en cours de dépouillement.

À partir de quand la réforme sera-t-elle mise en œuvre ?

  •  Ce que la loi prévoit : La réforme des rythmes scolaires à l’école primaire entrera en

application dès la rentrée scolaire 2013. Les communes ont cependant la possibilité de demander le report de son application à la rentrée 2014. Elles ont jusqu’au 31 mars 2013 au plus tard pour ce faire.

  • Ce que nous souhaitons à Bondy : Bondy est une ville avec peu de moyens mais en avance sur son temps. Des dispositifs existent déjà dans notre ville : les ateliers pendant le temps scolaire, les activités culturelles et sportives, les sorties en fonction de l’agenda culturel de la ville etc.  Et nous souhaitons continuer à avancer en ce sens, c’est pourquoi la ville souhaite, dès 2013, renforcer les activités existantes pour offrir un parcours culturel et sportif aux enfants, et démocratiser l’accès aux activités artistiques, culturelles et sportives. D’autres modifications structurelles du temps scolaire suivront (alternance école/vacances, passage de 36 à 38 semaines d’école) mais nous pensons qu’il faut intégrer ces modifications au fur et à mesure, dès 2013 et pas de manière brutale.

 

Quelles seront les activités proposées aux élèves sur le temps libéré grâce à la nouvelle répartition des heures d’enseignement sur la semaine ?

  • Ce que prévoit la loi : Les plages horaires libérées par la nouvelle organisation de la semaine seront utilisées pour mettre en place des activités conçues pour compléter l’enseignement scolaire. Des activités périscolaires seront proposées par les communes (notamment via le redéploiement des activités actuellement prévues le mercredi matin). Ces activités sportives, culturelles, artistiques contribueront à l’épanouissement des élèves et au développement de leur curiosité intellectuelle.  Par ailleurs, des activités pédagogiques complémentaires seront organisées par les enseignants, à raison de 36 heures par an. Elles se dérouleront en groupes restreints d’élèves et permettront d’aider les élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages, d’accompagner le travail personnel ou de mettre en place une activité prévue par le projet d’école.
  • Ce que nous souhaitons à Bondy : La ville ira dans le sens de ce que prévoit la loi, en proposant diverses activités sur les temps périscolaires :

–          Des activités artistique et culturelle : Initiation aux arts plastiques ; Initiation à la danse, au théâtre ; Activités autour du chant choral ; Histoires lues et contes ; Initiation aux langues.

–          Des activités sportives : Découverte et initiation aux arts martiaux, à l’escrime, au judo, badminton, sports collectifs etc. ; Complément du savoir-nager (sur pose méridienne).

–          Des activités consacrées aux médias : Projets autour de l’audiovisuel (cinéma, sur pose méridienne) ; Projets autour de l’informatique.

–          Des activités de sensibilisation à la citoyenneté : Prévention routière ; Rencontres autour de la citoyenneté (type Café-philo enfants) ; Sensibilisation à l’environnement et au développement durable.

–          Ou encore des activités ludiques : Jeux de société : échecs, scrabble ; Jardinage ; Sieste contée (pour les petites sections de maternelles).

Comment sera financée la réforme ?

  • Ce que prévoit la loi : Un fonds exceptionnel, doté de 250 millions d’euros, accompagnera les communes dans la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires. Le fonds concernera, pour l’année scolaire 2013-2014, l’ensemble des communes qui auront décidé de mettre en œuvre les nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2013. Les communes urbaines ou rurales les plus en difficulté bénéficieront d’un soutien financier plus important pour l’année scolaire 2013-2014 et pourront percevoir une aide pour l’année scolaire 2014-2015.
  • Ce que nous souhaitons à Bondy : Compte tenu de la situation de notre Ville, nous pourrons toucher 90 euros par enfant, soit environ 576 000 euros pour la rentrée 2013. Cette somme importante ne couvrira pas pour autant la totalité des coûts engendrés par la réforme, qui resteront à la charge de la commune. Nous assumerons ces coûts, qui varieront en fonction de l’hypothèse choisie. En aucun cas la ville ne répercutera le coût de cette réforme sur sa population, à travers par exemple des hausses d’impôts.

Comment garantir que les activités périscolaires seront suffisamment encadrées ?

  • Ce que prévoit la loi : L’Etat a créé un fonds d’amorçage de 250 millions d’euros afin de permettre aux communes d’organiser au mieux les activités périscolaires et, si nécessaire, le recrutement d’animateurs supplémentaires. Par ailleurs, les taux d’encadrement seront revus.
  • Ce que nous souhaitons à Bondy : La ville plaide pour l’implication des enseignants sur les temps périscolaires et le recrutement d’animateurs. Notre Ville a toujours plaidé que l’engagement des enseignants est une assurance de qualité et de cohérence. Actuellement, 217 enseignants interviennent d’ores et déjà sur le temps périscolaire. Lors de la prochaine rentrée, les enseignants de Bondy pourront continuer à s’engager sur ces temps périscolaires (toujours en étant rémunérés par la ville sur ces temps-là), aux côtés de nos animateurs. Les animateurs sont déjà présents sur les temps périscolaires, nous irons plus loin en mobilisant les structures municipales existantes en modifiant les modalités d’organisation, et en organisant des recrutements supplémentaires lorsque ceux-ci seront nécessaires, ainsi que des formations pour ces personnels.

Mon enfant pourra-t-il continuer à pratiquer des activités extrascolaires le mercredi matin ?

Dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires, les 24 heures d’enseignement seront dispensées sur 9 demi-journées incluant le mercredi matin. Cette matinée de classe du mercredi constituera donc un temps obligatoire pour tous les élèves, sauf pour ceux scolarisés dans une commune ayant demandé et obtenu une dérogation afin d’organiser la demi-journée supplémentaire le samedi matin. Les activités extrascolaires du mercredi matin seront donc déplacées.

Vais-je devoir changer le mode de garde de mes enfants ?

Non, car les élèves dont les familles le souhaitent demeureront pris en charge au minimum jusqu’à l’heure actuelle de fin de la classe (16h30 dans la plupart des écoles).
Les familles auront même moins de temps de garde à organiser puisque celles qui font actuellement garder leurs enfants le mercredi matin n’auront plus à le faire.

Mon enfant en maternelle pourra-t-il continuer à faire la sieste ?

  •  Ce que prévoit la loi : À l’école maternelle, la journée sera organisée de manière à permettre aux enfants de toute petite et petite sections de faire la sieste après le déjeuner, comme ils le font généralement aujourd’hui.
  •  Ce que nous souhaitons à Bondy : Notre ville a déjà montré sa volonté de pouvoir accueillir tous les enfants de petites section qui le souhaitent pour la sieste, en installant partout où elle le peut des lits superposés permettant de doubler les capacités d’accueil. Cette démarche sera la même avec la réforme des rythmes scolaires.

 

Comment sera organisé l’emploi du temps des élèves dans le cadre des nouveaux rythmes ?

  • Ce que la loi prévoit : L’emploi du temps des élèves sera organisé selon les grands principes suivants : les élèves auront toujours au total 24 heures d’enseignement obligatoire par semaine ; ils iront à l’école 4 jours et demi par semaine, dont le mercredi matin (ou le samedi sur dérogation) ; ils n’auront pas plus de 5 heures 30 d’enseignement obligatoire par jour, ni plus de 3 heures 30 par demi-journée ; ils auront une pause méridienne d’au moins 1 heure 30. Cette nouvelle organisation permettra aux élèves d’avoir des journées de classe de 5 heures 15 en moyenne au lieu de 6 heures actuellement.

En pratique, la réforme ne modifiera pas le nombre d’heures d’enseignement, la semaine comportera comme aujourd’hui 24 heures d’enseignement. Il s’agit seulement de répartir ces heures différemment afin de respecter davantage les rythmes d’apprentissage et de repos des enfants. De même, les nouveaux rythmes scolaires ne compliqueront pas l’organisation quotidienne des familles car, si elles le souhaitent, leur enfant pourra continuer à être pris en charge au minimum jusqu’à l’heure actuelle de fin de la classe (16h30 dans la plupart des écoles). D’autres activités, conçues pour compléter l’enseignement scolaire, seront en effet proposées aux élèves sur le temps libéré.

  •  Ce que nous souhaitons à Bondy : Afin de ne pas perturber l’organisation quotidienne des familles, les accueils en garderie qui se font actuellement de 7h45 à 8h20, puis de 16h30 à 18h ou 18h30, seront maintenus dans tous les cas. Concernant l’organisation des journées, la ville n’a à l’heure actuelle arrêtée aucune hypothèse.
  • hypothèses concertation rythmesC’est précisément pour cela que l’avis des parents d’élèves et enseignants a été sollicité, afin que ces derniers déterminent l’hypothèse qu’ils souhaitent voir mise en place à la rentrée 2013.

Les hypothèses proposées sont les suivantes, et celle qui sera choisie par la communauté éducative sera présentée en conseils d’écoles au début du mois d’avril.

Des comités de pilotage par école, permettant à chacun de s’appliquer pour une réforme réussie dès le mois de septembre, seront par ailleurs mis en place très prochainement et permettront, nous en sommes persuadés, de transformer de manière positive l’offre éducative que nous proposons à nos enfants dans le cadre de cette réforme des rythmes scolaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

Patrick Sollier, adjoint en charge des politiques éducatives

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L’opinion de Philippe Meirieu sur les rythmes scolaires

Ph_meirieu  Sur les rythmes scolaires, le point de vue de Philippe Meirieu, pédagogue, vice président EELV de la Région Rhône-Alpes, est parue dans Le Monde le 13       février 2013 :

« Rythmes scolaires : « Où va le train? »

À quelques petites semaines des décisions que vont devoir prendre les communes sur la mise en œuvre de la semaine de quatre jours et demi, les tensions s’exaspèrent. Les professeurs d’école expriment leur inquiétude sur la « précipitation » de décisions auxquelles ils estiment ne pas avoir été assez associés. Ils disent aussi leur malaise face à une société qui ne cesse d’avoir à leur égard de nouvelles exigences sans qu’ils bénéficient des contreparties financières et de la considération sociale auxquelles ils ont droit : pourquoi seraient-ils les seuls à devoir « payer » pour rééquilibrer le temps de l’enfant quand les parents ont souvent renoncé à résister à la pression des écrans et laissent le temps de sommeil quotidien de leurs enfants diminuer d’année en année ? Pourquoi seraient-ils contraints à modifier leurs horaires de travail dans « l’intérêt supérieur de l’enfant » quand, par ailleurs, la société tout entière sacrifie cet intérêt aux lois du marché publicitaire et leur confie au quotidien, sans le moindre scrupule, des enfants qui oscillent, de plus en plus, entre excitation et apathie ? Pourquoi seraient-il les seuls à porter le poids d’une réforme qui épargne les industries du tourisme, les autoroutes et les médias réunis ?…

De leur côté, les municipalités s’inquiètent : auront-elles les moyens de financer, de manière pérenne, les activités nécessaires au rééquilibrage de la semaine ? Comment feront celles qui ont déjà de sérieuses difficultés financières ? Comment mobiliser, en un temps si court, le tissu associatif, culturel et sportif de proximité, dans le cadre de projets éducatifs locaux articulés aux projets d’école et à l’action des enseignants ? Ne vont-elles pas être contraintes à jouer au « poussepousse » avec des quarts d’heures qu’on déplacera en fonction des opportunités au cours de la pause méridienne ou en fin d’après-midi ?

Il faut d’abord rappeler que, si nous en sommes là, c’est en raison des décisions brutales et totalement irresponsables de Xavier Darcos et Nicolas Sarkozy : alors que rien ne figurait, sur la question des rythmes scolaires, dans le programme du président élu en 2007, le ministre de l’Éducation nationale ouvre le dossier le 3 septembre de la même année dans un entretien au Parisien… dossier bouclé trois jours plus tard par le Président de la République qui se prononce pour « la suppression des classes le samedi matin, sans report sur les autres jours de la semaine ». L’annonce officielle est faite par le ministre le 27 septembre au 20 heures de TF1 : il n’y aura plus d’école le samedi matin, les municipalités pourront organiser, à la place, des activités culturelles ou sportives, le temps d’enseignement ainsi gagné sera utilisé pour l’aide aux élèves les plus en difficulté (ce qui, laisse-t-on entendre ici ou là, permettra de supprimer les RASED)… La mesure est mise en place dès la rentrée 2008, malgré les réserves de l’Association des Maires de France et les mises en garde particulièrement clairvoyantes d’Antoine Prost, qui dénonce, dans une tribune parue dans Le Monde le 29 mai, un « Munich pédagogique », « une entreprise de déconstruction » qui risque, selon lui, d’être irréversible. Il est suivi par quelques mouvements pédagogiques, mais son appel est fort peu relayé au plan politique (il faut dire que quelques municipalités de gauche – et pas des moindres ! – ont déjà supprimé les cours le samedi matin, voire adopté la semaine de quatre jours).

Nulle grève ou manifestation n’est organisée par les organisations professionnelles pour protester contre la machine infernale qui s’est mise en marche : diminution globale du temps scolaire, alourdissement de la journée pour les élèves en difficulté qui se voient imposer « l’aide individualisée » pendant la pause méridienne ou après les cours, dysfonctionnements graves en termes de chronobiologie pour tous les enfants, avec moins de journées de classe et des journées plus lourdes (juste l’inverse de ce que préconisaient les chercheurs depuis bien longtemps) et une coupure de deux jours en fin de semaine qui casse le rythme veille / sommeil d’enfants qui, se couchant tard le vendredi, le samedi et le dimanche, peinent à se lever le lundi matin et commencent la semaine fatigués…

Au regard de cette situation, on comprend la volonté du ministre actuel d’agir et d’agir vite. Sans aucun doute, la semaine de quatre jours et demi avec des cours le mercredi matin est un progrès. Sans aucun doute, l’injonction faite aux communes d’organiser des activités complémentaires dans le cadre d’une semaine repensée était nécessaire. Mais pourquoi avoir écarté si vite l’hypothèse du retour du samedi matin ? On connaît l’argument de la garde alternée et des familles recomposées qui souhaitent pouvoir accueillir les enfants deux jours d’affilée… Mais résiste-t-il bien à l’analyse si l’on avance que, justement, le samedi matin peut être une occasion pour ces familles, comme pour les autres, d’un moment de contact privilégié avec l’école et les enseignants ? Pourquoi, aussi, avoir renoncé sans vrai débat à un rééquilibrage plus global de l’année scolaire, avec une diminution ou un zonage des vacances d’été et une alternance plus rigoureuse entre temps de travail et « petites vacances » ? Pourquoi, enfin, avoir imposé une formule unique – les cours le mercredi matin – quand on aurait pu s’en remettre aux collectivités territoriales et aux écoles, à partir d’un cahier des charges national exigeant, afin qu’elles pensent ensemble l’aménagement du temps de l’enfant (et pas seulement du « temps scolaire ») dans le cadre de « projets éducatifs locaux » ?

D’autant plus que la crispation sur les « rythmes scolaires » à laquelle on assiste aujourd’hui est particulièrement contre-productive au regard de la « refondation de l’École » que le ministre appelle de ses vœux. Elle écarte un fait pédagogique majeur : ce qui fatigue l’enfant, d’abord et avant tout, c’est l’échec. Ce dont il a besoin plus que tout, c’est d’une pédagogie qui l’aide à focaliser son attention, qui lui propose des contenus de savoirs mobilisateurs, qui l’accompagne dans son travail pour qu’il en améliore sans cesse la qualité, qui valorise ses réussites et lui permette d’accéder, grâce à des médiations adaptées, aux grandes œuvres de notre culture.

Au bout du compte, comme le soulignait malicieusement le philosophe et pédagogue américain Neil Postman, « on peut bien faire circuler les trains à l’heure, mais à quoi bon s’ils ne vont pas là où nous voulons ? » Et c’est bien là, en effet, la question : pourquoi cette précipitation technique sur les rythmes alors que, par ailleurs, les programmes de 2008 restent en vigueur ? Il eût fallu revenir – au moins à titre conservatoire et avant la nouvelle élaboration qui s’impose – aux programmes de 2002, ambitieux, pédagogiquement cohérents, et accompagnés d’instructions qui permettent aux enseignants de se mobiliser collectivement pour faire de leurs classes et de leurs écoles de véritables « collectifs apprenants ». Car on trouve précisément, dans les programmes de 2002, les outils nécessaires pour articuler intelligemment activités scolaires et activités péri et parascolaires. Les démarches d’acquisition, les connaissances structurantes et les prolongements possibles y sont présentés et saisissables par les enseignants en collaboration avec des intervenants qui peuvent ainsi ne pas être réduits à de simples « variables d’ajustement ».

Il y a bien un « mal français » dans la conduite de nos réformes scolaires : spécialistes de combats épiques sur les « modalités », nous en oublions les « finalités ». Pris dans la frénésie des arrangements institutionnels et fascinés par les problèmes de « tuyauterie », nous en oublions les questions de contenus et de méthodes… Les tensions actuelles montrent la limite de ce « pilotage ». Espérons qu’elles nous permettront, si nous savons en tirer les leçons, de construire enfin ensemble « un discours sur l’école », clair sur ce que nous en attendons et mobilisateur pour les acteurs de terrain qui prennent tous les matins le chemin de la classe. Les professionnels de l’éducation en ont plus que jamais besoin. Notre pays aussi. »

L’école à Bondy, qui fait quoi ?

école Pierre Curie

En septembre 2012, 6400 enfants ont repris le chemin des écoles maternelles et élémentaires publiques de Bondy.

Pour la ville, l’éducation est une priorité. Parce que l’entretien et le fonctionnement des écoles maternelles et primaires relèvent de sa compétence, mais aussi et surtout parce que nous voulons donner le maximum de chances de réussite aux enfants.

L’excellence pour tous c’est l’ambition de la ville en matière d’éducation !

Afin de mieux comprendre le fonctionnement et les compétences de la ville en matière d’éducation, cet article vous propose de faire le point sur les activités relevant de la compétence de la ville de Bondy, et celles relevant de l’éducation nationale.

La vie de l’école

Ce qui est géré par la ville de Bondy

  • Les bâtiments : Construction, rénovation, entretien des écoles;
  • L’intendance : L’approvisionnement des écoles en mobilier, matériel vidéo ou informatique, jeux de cour ou instruments de musique, mais aussi les fournitures scolaires;
  • Restauration scolaire : Organisation, réchauffage et distribution des repas, mais aussi gestion des tarifs de la cantine, avec une participation financière des familles;
  • Sectorisation : Définition, en fonction des quartiers et de la densité de population, des secteurs scolaires pour déterminer dans quelle école ira votre enfant lorsqu’il sera inscrit;
  • Voyages scolaires et projets pédagogiques : Financés par la ville, de même que des activités culturelles, sportives ou artistiques.

Ce qui est géré par l’éducation nationale

  • Programmation et rythmes scolaires : L’Etat, via le ministère de l’Education nationale, a la responsabilité des contenues des enseignements et établit les programmes et les rythmes scolaires;
  • Décide de l’ouverture et de la fermeture des classes.

Les personnels de l’école

Personnels de la ville de Bondy

  • Les gardiens : Ils informent, accueillent, orientent les visiteurs et assurent la surveillance et la sécurité de l’établissement. Ils sont présents aux heures d’entrée et de sortie des enfants. Ils peuvent également réceptionner le courrier et transmettre les appels.
  • Les agents techniques : Dans les écoles élémentaires, ils entretiennent les locaux quotidiennement et maintiennent dans un état constant de propreté et d’hygiène les classes, sanitaires, cours de récréation, matériel pédagogique etc.
  • Les agents spécialisés des écoles maternelles : Recrutés sur la base d’un CAP petite enfance, ils aident les enseignants pour les activités pédagogiques et l’hygiène des enfants, entretiennent les locaux et le matériel scolaire.
  • L’équipe d’animation : Composée des directeurs de centres de loisirs et d’écoles,   des animateurs et professeurs, l’équipe encadre les enfants pendant la pause méridienne, le soir après l’école, le mercredi et pendant les vacances.

Personnels de l’éducation nationale

  • Les directeurs/trices d’écoles : Ils veillent au bon fonctionnement de l’école et au respect de la réglementation, ainsi qu’aux relations avec les familles;
  • Les professeurs des écoles : Ils assurent les enseignements. Des enseignants spécialisés et psychologues scolaire membres des RASED (réseau d’aides spécialisés aux élèves en difficulté) peuvent intervenir pour soutenir les enfants;
  • Les Auxiliaires de vie scolaire (AVS) : En collaboration avec les enseignants, ils peuvent accompagner dans leur scolarité et leur quotidien à l’école un ou plusieurs enfants en situation de handicap;
  • Les médecins scolaires : Assurent des missions de prévention, de diagnostic et d’accès à la santé, en  lien avec les assistants sociaux scolaires. 

Réunion publique: Présentation du projet de rénovation de l’école maternelle du Mainguy

perspective-ext-basse-def-1.jpg                                                                                                               Brice Launay

Mardi 22 janvier 2013, Madame Sylvine Thomassin, maire de Bondy, se rendra à 18h30 dans le préau de l’école maternelle Mainguy pour rencontrer parents, enseignants et habitants, au sujet de la rénovation de l’école maternelle.

En présence du cabinet d’architecte RANDJA, le projet de rénovation sera en effet présenté et les détails des travaux, qui commenceront à l’été 2013, seront exposés.

L’objectif de cet important projet de rénovation est de permettre à l’école maternelle du Mainguy de pouvoir répondre, dès la rentrée 2014, aux besoins sans cesse croissants en termes d’effectifs.

Ce projet, qui se veut innovant tout en respectant la structure historique en meulière du bâtiment, associera bois et verre, à travers une structure nouvelle qui viendra se poser en hauteur au-dessus de la cour de récréation et d’une partie des bâtiments actuels.

Pour plus d’informations sur le projet, n’hésitez pas à appeler le secrétariat de Patrick Sollier, adjoint en charge des politiques éducatives, au 01 48 50 53 04.