Les mauvaises herbes ne sont que des herbes mal aimées !

La Ville a fait le choix de supprimer les produits phytosanitaires pour l’entretien des différents espaces de la commune.

herbes

Qu’est-ce que les produits phytosanitaires ?

Un produit phytosanitaire est un produit utilisé pour soigner ou prévenir les maladies des organismes végétaux. Par extension on utilise ce mot pour des produits utilisés pour contrôler des plantes, insectes et champignons. Les phytosanitaires font partie de la famille des pesticides, c’est-à-dire toutes ces substances répandues sur une culture pour lutter contre des organismes considérés comme  nuisibles en s’attaquant respectivement aux insectes ravageurs, aux champignons, aux « mauvaises herbes » et aux vers parasites (le terme pesticide est un terme générique qui rassemble les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides). En Europe et dans la plupart des pays, ils doivent être homologués, et autorisés pour un ou plusieurs usages (qui peuvent varier selon les époques ou les pays).

Pourquoi ce choix de la ville ?

Les impacts des produits phytosanitaires sont considérables : ils touchent non seulement l’environnement, mais également la santé humaine.

L’usage de ces produits est pourtant largement répandu dans notre société, principalement pour l’agriculture, mais aussi pour l’entretien des espaces aménagés par l’homme à titre privé (jardins…) ou publics (espaces verts, rues, routes, voiries…), comme c’était le cas à Bondy.

La France est d’ailleurs le troisième utilisateur mondial de produits phytosanitaires et le premier utilisateur européen.

Impacts sur l’environnement

Ces produits ont un impact écologique non négligeable, direct mais aussi indirect.

L’impact direct réside notamment en la destruction des organismes vivants ciblés par les produits (insectes pour les insecticides, champignons pour les fongicides etc.) mais de manière non sélective : tous les insectes seront par exemple touchés par un insecticide alors que le produit n’aura été utilisé que pour une ou plusieurs espèces spécifiques.

Leur utilisation implique donc une destruction de la faune et de la flore locales.

Ces produits ont également un impact sur les milieux aquatiques et sur la biodiversité qui y vit. Une fois appliqués localement, les pesticides vont être déplacés par l’écoulement des eaux. Ainsi l’impact d’un désherbant en espace vert se fera ressentir dans le ruisseau, puis la rivière, puis le fleuve, où il aura également un impact sur la faune et la flore, et également sur les nappes phréatiques.

L’impact indirect quant à lui, est double :

–          Ces produits touchent le plus souvent la base des chaînes alimentaires et diminuent donc les ressources pour l’ensemble de la chaîne jusqu’au animaux vertébrés tels que les oiseaux, amphibiens, mammifères.

–          Par ailleurs ces produits s’accumulent chez les prédateurs, qui vont consommer des animaux que l’on souhaite éliminer et qui ont été empoisonné par ces produits. Les prédateurs accumulent ainsi des doses toxiques et finissent par mourir. Cela pose d’autant plus de problème lorsqu’il s’agit d’espèces rares ou protégées.

Impacts sur la santé humaine

Les impacts les plus importants sur la santé humaine concernent notamment les enfants, les plus sensibles en période de développement. Ces produits peuvent entrainer à terme des cancers, des perturbations endocriniennes (c’est-à-dire des troubles hormonaux), des troubles de la reproduction ou encore des troubles neurologiques.

C’est pourquoi notre ville a fait le choix de supprimer l’usage de ces produits, dans le respect de la santé de notre population, mais aussi de nos agents qui manipulent ces produits, et dans le respect de notre environnement. Désormais,  le service Parcs et Jardins de la Ville utilise des engrais naturels pour les plantations et chaque mauvaise herbe est retirée à la main à l’aide d’une binette. De nouvelles techniques permettant de faciliter leur travail sont actuellement à l’étude.

Le service recourt également à l’implantation de prédateurs et de produits biologiques afin de lutter contre tous les parasites, on parle alors de lutte bio intégrée. La commune travaillera par exemple  en 2013 avec un maître fauconnier pour éloigner naturellement les corneilles qui se sédentarisent sur certains sites de la Ville (ex – cimetières) et y causent d’importants dégâts.

Focus : L’impact sur les abeilles est aujourd’hui extrêmement inquiétant.

Les abeilles du monde entier sont en train de mourir, ce qui menace la chaîne alimentaire et la biodiversité. Parmi les causes de cette disparition: certains pesticides toxiques. L’Europe pourrait décider de les interdire. La Commission européenne a en effet proposé un moratoire sur l’utilisation des pesticides les plus dangereux pour les abeilles. Ce serait un grand pas en avant vers une interdiction totale demandée depuis des années par les apiculteurs de l’UNAF et l’association Générations Futures.

Mais sous la pression des industriels des pesticides, certains États européens s’opposent à ce moratoire. L’ensemble des États se prononcera demain, le 15 mars. L’UNAF et Générations Futures ont lancé une pétition urgente leur demandant d’interdire ces pesticides sans délai. Vous pouvez la signer en cliquant ici.

 

 

Agnès Hugues, conseillère municipale en charge des parcs et jardins

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