EPR de Flamanville, chronique d’un fiasco annoncé

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Photo : AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Décidément, l’EPR de Flamanville est en train de devenir le fiasco industriel du siècle ! Prévu à l’origine pour 2012 (son budget a triplé et avoisine les 10 milliards d’euros),il pourrait en réalité ne jamais voir le jour. En effet, sa cuve principale ne serait pas suffisamment fiable pour accueillir le cœur du réacteur ! Une « anomalie très sérieuse » pour l’Autorité de Sureté du Nucléaire (ASN), le gendarme du secteur qui se demande s’il n’est pas opportun d’arrêter le chantier en attendant d’y voir plus clair. Le doute est d’autant plus fort que ce sont des cuves du même type qui ont été installées à Taischan (Chine) et qui étaient construites pour Hinkley Point (Grande Bretagne). C’est donc toute la série des EPR qui est compromise.

Si ce nouveau problème est confirmé, il porterait un coup fatal au développement de cette nouvelle génération de centrales et par là même au secteur nucléaire tout entier. Quel avenir pour un « fleuron industriel » en quasi-faillite qui vend des casseroles percées ? Comment dans un monde post-fukushima, poursuivre dans cette voie alors que le voile se lève enfin sur le vrai coût du nucléaire et sur son impossible sûreté ? Est-ce parce que les chantiers sont littéralement interminables que certains s’amusent encore à parler du nucléaire comme d’une « filière d’avenir » ?

L’avenir est bien au développement des énergies renouvelables. La loi de transition énergétique doit ainsi aller à son terme pour engager un plan de réduction de la consommation d’énergie et de développement de ces énergies d’avenir. Mais au-delà, c’est le monde de l’après nucléaire que nous construisons dès maintenant, et cette transition pourrait bien se transformer en révolution, plus rapidement que prévu.

Emmanuelle Cosse
Secrétaire nationale d’EELV

Intervention du groupe EELV lors du Conseil Municipal du 9 avril 2015 de Bondy

Intervention de C. Cauchemez sur la validation de la charte des écoquartiers de Bondy

Signer cette charte des éco-quartiers, c’est s’engager dans une politique d’aménagement durable.

Cette charte se base sur des thèmes tels que : -la lutte contre l’étalement urbain, la sobriété énergétique, la mobilité, la mixité sociale, fonctionnelle et intergénérationnelle.

Elle pointe aussi l’importance de développer de nouvelles méthodes de travail, notamment en créant de réelles porosités entre les différents services de la ville et en nous amenant à regarder Bondy comme un territoire de projets.

L’application du développement durable en milieu urbain, ne doit donc pas être abordée comme une contrainte, mais plutôt comme une nouvelle manière de faire la ville, de lier les politiques les unes aux autres, et d’aborder notre territoire dans sa globalité.

Le tout premier éco-quartier labellisé de Bondy devra être exemplaire.

Mais au-delà de ce périmètre, les enjeux auxquels nous sommes ou allons être confrontés, ne nous permettent pas d’attendre. Les différents points abordés dans la charte sont pour la plupart d’ores-et-déjà applicables sur l’ensemble du territoire bondynois.

C’est l’ensemble de la ville qui doit être pensée avec le Développement Durable comme référentiel, pour permettre à tous les habitants de profiter d’une meilleure qualité de vie.

Intervention de B. El Kasmi concernant le contrat de maintenance des installations thermique de Bondy

Comme je l’ai dit lors de ma précédente intervention sur les CEE, l’énergie et sa bonne gestion est un enjeu de taille pour la Ville. Tant en termes d’exemplarité, de coûts et d’émissions de gaz à effet de serre.

En ces temps de disette économique, nous pourrions, en chassant le gaspillage et en investissant humblement, réaliser entre 20 et 40 % d’économies sur la facture énergétique de la Ville, soit entre 700 et 1,4 millions € d’économies / an. Chasser le gaspillage revient, entre autres, à mieux gérer nos chaudières, et c’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à cette AMO.

Néanmoins, nous devons être en capacité, en interne, de suivre notre patrimoine et ce dans sa globalité. C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas que nous appuyer sur le futur prestataire, mais surtout sur nos compétences propres.

Sans cela cette l’AMO dont il est fait mention dans cette délibération ne sera qu’un coup d’épée de plus dans l’eau.

Intervention de B. El Kasmi sur la délibération concernant les Certificats d’Economie d’Energie de Bondy

En 2013 la Ville a dépensé près de 3,5 millions d’euros en énergie (électricité, chauffage, carburants…). Ramené au nombre d’habitants cela revient à 66 € par individu, c’est-à-dire 18 € de plus que la moyenne nationale de 48 €. Il y a donc un enjeu de taille concernant la politique maîtrise de l’énergie pour la Ville.

Prévu par la loi POPE de 2005, l’objectif des CEE est de « s’attaquer » aux gisements d’économies d’énergie. Le SIGEIF et le SIPPEREC, ont des obligations en matière de CEE. Pour ce faire, la présente convention permet à ces deux derniers d’acheter des CEE à Bondy, qui pourra valoriser, sous forme monétaire, certaines actions de maîtrise de l’énergie. Ces dernières années plusieurs dizaines de milliers d’euros ont ainsi été valorisés lors des précédentes conventions. En 2014 environ 15 000€ ont ainsi été valorisés avec l’achat de chaudières à condensation.

Afin d’optimiser le dispositif des CEE, nous comptons sur une véritable AMO de la part du groupement, afin d’orienter les décisions de la ville. Il suffit parfois d’engager 500€ de plus sur l’achat d’un équipement éligible au certificat pour générer un CEE de plusieurs milliers d’euros. Je tiens à ajouter que cette démarche, pour être viable et intéressante, doit être encadrée dès le départ avec l’insertion de clauses dans les marchés, afin que les obligés, que sont le SIGEIF et le SIPPEREC, aient l’obligation de fournir l’ensemble des documents nécessaires au montage du dossier. De plus nous attendons de la Ville un véritable suivi au niveau des services en charge de cette question.

 La municipalité doit montrer qu’elle a vocation à tendre vers l’exemplarité et que l’argent public ne sert pas à chauffer les rues.

Intervention de P. Sollier sur le dossier concernant l’adhésion au projet Europan

Une lecture attentive de ce dossier, qui repasse  aujourd’hui, nous amène à nous questionner quant à son opportunité.

Au moment où nous sommes animés par la recherche d’économies, par la nécessité de cibler notre action sur le maintien de services publics de qualité et sur les investissements  prioritaires, ce dossier nous laisse extrêmement dubitatifs.

Depuis de longues années nous parlons de l’aménagement de la RN3 en un véritable boulevard urbain. Nous avons acté la disparition de l’autopont, en particulier pour le passage du bus à haute qualité de service. Nous avons déjà fait travailler l’équipe d’architectes Grumbach sur ce projet, qui a également œuvrée sur le projet de ZAC du canal. Cette équipe a produit des travaux, ou figure de manière assez précise les futurs aménagements, notamment en ce qui concerne l’avenue Galliéni, le traitement du carrefour Polissard et Pasteur. On sait par ailleurs que cette avenue est principalement bordée d’enseignes commerciales sur lesquelles nous avons relativement peu de prise. Notamment quand ces dernières décident, par exemple, de se modifier, de s’agrandir, et ce en conformité avec les règles d’urbanisme.

J’en veux pour preuve le projet de construction de 49 logements au-dessus du magasin Gémo, qui se fera, j’en suis certain, sans le moindre souci de cohérence, mais seulement parce que les propriétaires et les promoteurs l’ont décidé.

Les jeunes architectes, qui plancheront dans le cadre d’Europan, produiront de beaux projets, et amèneront, j’en suis certain, des idées nouvelles… soit. Mais comment vont-elles s’intégrer dans le projet Grumbach déjà bien avancé ? Et surtout, a-t-on aujourd’hui les moyens de financer ce genre d’études, dont on sait pertinemment, même si de bonnes idées peuvent parfois surgir, qu’elles ne trouveront que rarement une quelconque concrétisation.

Nous pouvons donc, à notre avis, nous passer d’études de ce type, c’est pourquoi nous votons contre cette nouvelle délibération.

Intervention de P. Gauthier sur la mise à disposition du public du « dossier de modification simplifiée du PLU »

Nous profitons de cette délibération pour réaffirmer notre position quant au PLU actuel. Voté en 2011 et modifié, à la marge, un certain nombre de fois, nous pensons que ce document doit être revu en profondeur. Notre PLU actuel est symptomatique d’une densification difficilement maîtrisée de notre ville.

Bien que la première phase ANRU ait été globalement un succès, le bilan vu précédemment nous montre que nous sommes allé plus loin que le 1 pour 1, en créant 475 nouveaux logements dont 58% de logements sociaux. Et je ne parle pas des nombreux programmes privés que nous voyons fleurir en centre-ville. A ce propos nous devons aussi nous interroger : Comment se fait-il que la Ville ait tant de difficultés à impulser une plus grande mixité sociale ? De trop nombreux programmes privés sont convertis en parc social, pourquoi ?

La problématique du logement est réelle mais nous voulons maîtriser la densification plutôt que de la subir. Le PLU de Bondy est à notre sens trop laxiste et permets la réalisation d’un grand nombre de programmes sur lesquels nous avons peu ou prou notre mot à dire en tant qu’élus. Nous ne pouvons donc que difficilement nous opposer aux projets proposés, que ce soit d’un point de vue programmatique et/ou esthétique.

De plus, la densification trop rapide de notre territoire entraine toujours plus de coûts pour la Ville. Certes Bondy est une ville populaire et notre volonté est qu’elle le reste, mais faire du logement nous engage à proposer des services de qualité pour un nombre croissant d’habitants. Je vous rappelle que le rapport moyen est de 30 élèves pour 100 nouveaux logements. Mieux maîtriser notre politique c’est être aussi en capacité, de continuer à proposer des services de qualité, que nous avons, aujourd’hui, de plus en plus de mal à financer.

Au vue des nombreux enjeux qui nous attendent, qu’ils soient sociaux, éducatifs, environnementaux… Nous ne pouvons continuer à travailler au fil de l’eau. Certes notre ville doit répondre à certains impératifs, mais sans oublier les nouveaux défis qui s’annoncent. En continuant ainsi nous grignotons petit à petit nos espaces verts, tant aimés de la population, et ne nous adaptons pas au changement climatique, qui est aujourd’hui une réalité.

Nous ne pouvons pas nous permettre de renouveler les erreurs du passé. Je m’adresse donc à tous les élus ici présents, nous sommes là pour penser l’avenir de notre Ville et de ses habitants, et non le subir.

C’est pourquoi nous réclamons une révision en profondeur de notre PLU.

Intervention de P. Gauthier sur le taux 2015 des TEOM

Depuis la création de l’intercommunalité en 2010, la communauté d’agglomération Est Ensemble (CAEE) dispose du pouvoir sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et l’ancienne part de taxe d’habitation (TH) du Département. La commune conserve un panier plus diversifié avec les trois taxes ménages que sont les taxes foncières (propriétés bâties – TFPB- et non bâties – TFPNB) et taxe d’habitation.

Le transfert de la compétence collecte des ordures ménagères à la CAEE a entrainé celui des charges mais aussi des produits fiscaux (TEOM). Les taux de TEOM communaux ne sont pas homogènes et varient de 6.04% à 10.48%. Celui de Bondy étant le plus élevé.

Le principe d’égalité devant le service public impose une unification progressive de ces taux vers le taux moyen pondéré (estimé à 7.90%). La loi prévoit que la durée de convergence ne peut dépasser 10 années. Si la plupart des agglomérations confrontées au cas d’espèce opère un lissage proportionnel sur la durée, Est Ensemble n’avait pas encore commencé ce mouvement ce qui  reportait l’ajustement en le rendant d’autant plus important pour la ou les dernières années d’application.

La ville de Bondy a transféré un taux de TEOM de 10.48%. Si le lissage avait été opéré proportionnellement, le taux applicable en 2015 se situerait à 9.45% soit une différence de 1.03% pour les contribuables.

La commune de Bondy n’a cessé de plaider pour que l’harmonisation des taux puisse être entreprise dans les meilleurs délais. Les discussions difficiles ont permis d’avancer sur ce sujet.

La CAEE propose une harmonisation, avec trois années de rattrapage, vers le taux moyen pondéré de 7.90% auquel s’ajoute une augmentation de 0.25% permettant de dégager 1.5 M€ de ressources complémentaires pour l’établissement public. Le taux bondynois s’élèverait alors à 9.70% soit un gain de 0.78%.

La majorité municipale s’est engagée à assurer un maintien de la pression fiscale sur les contribuables ménages. Pour autant les nécessités budgétaires dans un contexte financier national dégradé ne permettent pas une baisse de la ressource globale. Aussi il est proposé de réintégrer la baisse du taux de TEOM dans le taux de taxe foncière sur les propriétés bâties.

Cet effet de vase communicant est permis par le fait que l’assiette fiscale

TFPB et TEOM est identique.

Les conséquences sont différentes selon la nature de contribuables :

  • Gain pour les ménages locataires : la TEOM étant refacturée au locataire, sa baisse bénéficie automatiquement au contribuable ; cela concernera 13 313 locataires soit 69% des logements d’habitation
  • Neutralité pour les ménages propriétaires occupants soit 6044 logement qui représentent 31% des logements d’habitation : la baisse de la TEOM est neutralisée par une hausse du taux de TFPB. Les ménages de plus de 65 ans et de conditions modestes exonérés de taxe foncière mais pas de TEOM seront gagnants pour cette quotité.
  • Perte pour les ménages propriétaires non occupants ;
  • Neutralité pour les commerces assujettis à la TEOM : effet identique aux propriétaires occupants.
  • Perte pour les entreprises industrielles non assujettis à la TEOM.

La substitution de la fiscalité communautaire par la fiscalité communale (0.78%) permet à la commune de dégager 450 000€.

Il est à noter qu’il avait été envisagé de compenser la revalorisation de la valeur locative cadastrale des contribuables à la TFPB (0.9% voté en loi de finances 2015).

Pour autant l’impact n’apparait pas clairement lisible sur la feuille d’impôt du contribuable qui mélange fiscalité départementale, intercommunale et taxe spéciale d’équipement. Pour cette raison l’intérêt est limité et ferait perdre 120 000€ de recettes. Il n’apparait pas opportun de retenir cette réfaction.

Aussi il est proposé :

  • De maintenir le taux de taxe d’habitation à 20.19% ;
  • De fixer le taux de taxe foncière sur les propriétés bâties à 22.98%.
  • De maintenir le taux de taxe foncière sur les propriétés non bâties à 111.08%.

Les français étouffent ! Les écologistes agissent.

Sans titre

 

 

LA FRANCE DANS LE BROUILLARD

Dans le rouge, élevé, très haut, dépassement du seuil d’alerte… Les qualificatifs se mêlent pour qualifier la pollution de l’air causée par les particules fines.

SANTE PUBLIQUE

Une pollution visible à l’oeil nu, ressentie, vécue et respirée. Une pollution qui atteint en particulier les plus âgées, les plus jeunes et les plus fragiles… Une pollution responsable de plus de 40 000 morts
prématurées chaque année.

BRAS DE FER

En Île-de-France, notamment, le gouvernement et la préfecture ont enfin accepté de mettre en oeuvre la circulation alternée, à la suite des demandes répétées d’EELV.

AGIR EN AMONT

Les mesures d’urgence ne suffisent pas. Il faut agir sur les causes pour éviter à l’avenir de nouveaux pics de pollution. Sortie du diesel, contournement des centres urbains par les poids lourds, développement
des transports en commun et de modes de transports doux… des solutions existent pour s’attaquer aux racines du fléau de la pollution de l’air.

Europe Écologie Les Verts demande qu’un Grenelle de l’Air soit organisé dans chacune des régions françaises pour revoir les critères de déclenchement des mesures d’urgence et définir les actes qui permettront de retrouver durablement un air sain pour la santé de toutes et tous.

 

Secrétariat national d’Europe écologie Les Verts
6 bis rue Chaudron, 75010 Paris
+33 (0) 1 53 19 53 19 • http://eelv.fr
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onglet ”Rejoignez-nous”…

Une nouvelle chaufferie biomasse à Bondy

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(Photo: Maurice Partouche)

 

Mercredi 4 mars était inauguré la nouvelle chaufferie biomasse de Bondy, en présence de la Maire des Bondy Sylvine Thomassin, d’Agnès Hugues, Claire Cauchemez et Patrick Sollier, élus EELV, de l’ADEME, de Claude Bartolone et Yves Lederer, Président du groupe Coriance, société gestionnaire du réseau de chaleur bondynois (Délégation de Service Public).

Un réseau de chaleur équivaut au principe du chauffage central, mais appliqué à l’échelle d’un quartier ou d’une ville. Il s’agit donc de mutualiser les moyens de production et ce afin de réduire les charges. La chaleur produite est acheminée sous forme d’eau chaude jusqu’aux bâtiments raccordés.

Le réseau de chaleur de Bondy a été créé en 1985, pour desservir les résidences des principaux bailleurs sociaux de la ville. Il alimente aujourd’hui les logements de Bondy Habitat, d’immobilière 3F et de l’OPH 93 (Terre-St-Blaise et Noue-Caillet), ainsi que des équipements publics (écoles, gymnase…).

La nouvelle chaufferie bois, situé au Nord du bois de Bondy, d’ores-et-déjà en activité, est une installation exemplaire, tant d’un point de vue écologique qu’économique. La chaleur est produite à partir de bois, une source renouvelable et peu polluante. Les fumées issues de la combustion sont filtrées et contrôlées par des experts. Quant aux cendres résiduelles, elles sont valorisées soit sous forme d’épandage ou de matériel de construction.

Aujourd’hui, à Bondy, 70% de la chaleur distribuée par le réseau est produite à partir de biomasse (bois), ressource locale, provenant d’un rayon de 100 km maximum. Ce qui signifie que l’apport même du combustible est peu émetteur de gaz à effet de serre.

Grâce à cette nouvelle installation, ce ne sont pas moins de 4 tonnes de Co2 évités chaque année, des prix plus stables, une diminution du tarif moyen de la chaleur de 30 % et enfin la création de 10 emplois.

Un bel exemple, alliant innovation, écologie, durabilité et économie.

SAUVONS LE CLIMAT, BUVONS BIO ! Le 21 MARS 2015

TREIZIÈME EDITION DU MARCHE DES VINS BIO DE MONTREUIL-SOUS-BOIS

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Le 21 mars prochain, les producteurs de vin bio seront à Montreuil pour les assises mondiales du Développement Buvable qu’organise le Marché des Vins Bio de Montreuil à l’occasion de sa treizième édition. Alors que les conférences internationales sur le climat se succèdent et que la crise n’en finit plus de s’éterniser, le marché des vins bio de Montreuil offre une occasion unique de dire non aux grandes marées qui prétendent noyer sous des trombes d’eau ce jour qui marque le retour du printemps et de l’espoir en des lendemains qui chantent.

Le message qu’apportent ces vins ébouriffants de charme et de naturel est désormais reconnu, comme le montrent l’attention que leur accorde la critique oenophile, les distinctions qu’ils accumulent dans les manifestations les plus prestigieuses, le nombre des vocations qu’ils confortent chez les jeunes vignerons et le succès qu’ils remportent auprès des amateurs avertis. A ceux qui ont soif de découvertes comme à ceux qui cherchent des raisons d’espérer en l’avenir, ou qui simplement souhaitent passer un moment agréable dans une atmosphère qui ne porte pas à la mélancolie, le marché des vins bio de Montreuil offre une occasion exceptionnelle de découvrir ou retrouver cette philosophie si aimable : le développement buvable !

Vous pourrez y rencontrer cinquante vignerons, issus des principales régions d’appellation de France, d’Italie et de Catalogne, tous partisans d’une viticulture respectueuse des terroirs à la vigne comme à la cave.

Le 13ème Marché des Vins Bio de Montreuil aura lieu :

au palais des congrès Marcel Dufriche,
117 rue Étienne Marcel
93100 Montreuil
Métro : Robespierre
le 21 mars 2015 de 10h00 à 19h00
Plus d’informations sur le site : http://bouffonsbios.ouvaton.org

Montreuil, le 23 février 2015
Contact : Daniel Mosmant
06 76 69 25 98
garfou@gmail.com

Les trois contresens autour de la loi Macron

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Alors que les terribles évènements de ce début d’année semblaient rassembler l’ensemble des forces progressistes autour de l’essentiel -à savoir les valeurs de la République -, l’épisode de la loi Macron a mis en lumière trois contresens.

Il y a d’abord le contresens économique. Alors que la crise frappe les territoires français comme peut-être jamais auparavant, avec des niveaux de pauvreté, de désespoir – d’intolérance! – extrêmement préoccupants, les réponses apportées par Emmanuel Macron ne sont pas celles que nous attendions. Texte sans imagination, porteurs de reculs des droits sociaux et environnementaux, il empêche, voire retarde le réveil du formidable vivier d’emplois que constitue la transition écologique de l’économie. La loi se veut «un coup de jeune» mais ne fait rien pour faire entrer l’économie française dans le 21ème siècle.

Il y a ensuite le contresens démocratique. En politique, le chemin emprunté compte au moins autant que l’objectif visé. Ici, le recours à des artifices institutionnels visant à contourner le débat parlementaire nous éloigne d’une pratique démocratique apaisée. Rien de bonni de constructif ne peut sortir d’un passage en force. Le gouvernement croit répondre aux aspirations des Français par plus d’autorité, alors qu’ils demandent plus d’écoute.

Il y a enfin le contresens social. Alors que le caractère fourre-tout de la loi Macron l’a rendue très difficile à comprendre, on a pu découvrir son état d’esprit général grâce aux déclarations récentes d’Emmanuel Macron dans les médias. « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre». Comme si les chômeurs et les pauvres étaient coupables de leur situation et pas, dans leur immense majorité, victimes de mécanismes de reproduction et d’accroissement des inégalités sociales.

C’est parce qu’il s’est basé sur ces trois contresens que le gouvernement n’a pas réussi à rassembler une majorité autour de la loi Macron. Transition écologique, écoute et empathie, trois axes que le gouvernement devrait prendre à son compte pour redonner du sens à son action et retrouver la confiance des Françaises et des Français.

Emmanuelle Cosse
Secrétaire nationale d’EELV

«Il est l’heure de l’alternance européenne»

TRIBUNE de Cécile Duflot en date du 25 janvier 2015 / Publiée dans Libération 

La première bonne nouvelle grecque, c’est de faire renaître un vrai débat européen. La Grèce n’est pas un pays parmi d’autres et il ne s’agit pas d’une élection entre mille. Vouloir réduire la victoire de Syriza à un télescopage franco-français ou à son duplicata sur notre scène politique serait une immense erreur. La Grèce a une place historique, connue de tous, berceau de la démocratie, elle est le foyer de la civilisation européenne et a livré bien des mots de notre dictionnaire. Plus récemment, elle a été le laboratoire, puis le déclencheur des politiques d’austérité européenne. C’est après l’attaque spéculative sur la dette grecque de 2010 que s’est enclenchée la spirale austéritaire.

Dans un étonnant consensus forgé sur l’obsession de la dette, Angela Merkel avait alors obtenu de manière répétée des mesures absurdes et périlleuses pour l’économie et la société grecque. Les plans d’austérité se sont succédé, élaborés par une Troika qui a fait de son remède aux maux économiques, un véritable poison. Sur le modèle des politiques d’ajustement structurelles menées en Amérique latine par le FMI, les conséquences furent dramatiques. Explosion de la mortalité infantile, appauvrissement généralisé, démantèlement des structures sociales et atteintes majeures à l’environnement ont été les principales conséquences de ces cures. C’est à partir de ce modèle que cette thérapie de choc a ensuite été généralisée et appliquée à d’autres pays européens. La victoire de Syriza nous donne la possibilité d’en finir avec ce cycle infernal. Elle se déroule par ailleurs à un moment où la prise de conscience des dégâts de l’austérité se généralise. Alors que les experts européens et mondiaux appellent tous l’Union à changer de politique, un nouveau consensus peut naître. Mario Draghi vient de rompre avec les dogmes de la Banque centrale européenne. L’Union européenne pourrait en finir avec les dogmes du pacte de stabilité. L’élection grecque ouvre enfin une brèche dans le glacis libéral.

Ne pas tomber dans le piège traditionnel de la gauche

Le succès de Syriza est devenu une responsabilité européenne. La France aura un rôle particulier à jouer : celui d’être le premier soutien du changement grec. Dans les jours qui viennent, Alexis Tsipras va chercher à renégocier cette dette. Nous devons engager une vaste campagne européenne pour que les gouvernements nationaux acceptent les propositions grecques. L’Europe ne doit pas barguigner, ni se chercher d’excuses. On aurait tort d’oublier qu’en 1953, réunis à Londres, les principaux chefs d’Etats n’avaient pas hésité à effacer une bonne partie de la dette allemande pour permettre la reconstruction. La demande grecque est celle d’une renégociation et non d’un effacement de la dette. Nous devons soutenir cette revendication. Nous devons aussi appuyer les réformes que souhaite porter ce nouveau gouvernement : la mise en place d’un cadastre, la lutte contre l’évasion fiscale et le contrôle tant des armateurs que de l’Eglise.

Nous devons aider la Grèce, mais nous devons aussi l’inviter à ne pas tomber dans le piège traditionnel de la gauche. A une politique absurde d’austérité ne doit pas succéder une politique aveugle de relance. Tant les enjeux environnementaux que la lutte contre la pauvreté sont au cœur des urgences grecques. Que M. Tsipras ne s’enferme pas dans une course mystique à la croissance et fasse le choix d’une politique ciblée d’investissements. A quelques mois de la Conférence climat, il serait par exemple fort dommage que ce nouveau gouvernement privilégie le choix d’ouvrir des centrales à charbon plutôt que d’engager une véritable transition énergétique. A l’épreuve du pouvoir, tel sera le plus grand défi de Syriza, celui de bâtir un nouveau modèle de développement qui mise sur le partage et la coopération, plutôt que sur la concurrence.

Nous avons ainsi l’occasion de faire la preuve que l’Europe n’est pas congelée dans le libéralisme, mais peut faire des choix politiques audacieux. Nous pourrons enfin passer d’une construction européenne tournée vers la stabilité financière à une conscience européenne basée sur la solidarité. Sur ces fondements, nous pourrons bâtir enfin les Etats-Unis d’Europe. Des mesures immédiates peuvent être prises à commencer par la mutualisation des dettes et une véritable transition énergétique. La relance écologique peut être un véritable horizon de sortie de crise pour ce projet européen. Tel est le sens de cette excellente nouvelle grecque : il est l’heure d’une alternance européenne. Elle a démarré à Athènes. Elle ne fait que commencer. Nous devons tout faire pour l’appuyer.

Cécile DUFLOT (Députée EE-LV, ex-ministre de l’Egalité des territoires et du Logement)