RDV demain samedi 26 avril a 14h30 place de la Bastille !

Du 8 mars au 26 avril 2014, le Réseau Sortir du nucléaire organise 50 jours d’actions pour sensibiliser, informer et mobiliser les citoyens sur ce sujet, en commémoration des accidents de Fukushima (le 8 mars 2011) et Tchernobyl (le 26 avril 1986) : http://www.sortirdunucleaire.org/50jours

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Cette mobilisation d’importance se clôturera demain samedi, avec une grande manifestation à 14h30 au départ de la place de Bastille à Paris (et partout en France).

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Dress code : gilet ou vêtements jaunes !

 

Venez nombreux.

 

Nicolas Sarkozy, les écoutes et la Stasi

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire aura fait couler de l’encre, beaucoup d’encre.

Cette affaire, mais aussi toutes les autres dans lesquelles est impliqué de près ou de loin Nicolas Sarkozy : sondages de l’Elysée, affaire Tapie, affaire Bettencourt, affaire Karachi, le supposé financement libyen, et maintenant trafic d’influence et violation du secret de l’instruction.

Cette affaire dont nous parlons, c’est celle des écoutes d’un ancien Président de la République, redevenu un justiciable comme un autre, et de son avocat.

Ecoutes qui ont permis aux dirigeants de l’UMP de nous montrer une fois de plus leurs talents pour détourner le débat, esquiver, réfuter la responsabilité de tel ou tel événement… (lire à ce sujet cet article).

Ecoutes qui auront permis aux médias, alors même qu’un scrutin majeur se prépare pour les 23 et 30 mars prochains, de concentrer le débat sur un sujet qui ne fait qu’éloigner un peu plus les citoyens de leurs représentants, en se prêtant au jeu des coups bas et des attaques de tous bords…

Il nous semblait malgré tout important de faire un tour d’horizon des réactions au lendemain de la publication de la tribune du principal intéressé :

–       Comme le met en avant EELV dans son communiqué du 20 mars. « Cette attitude pyromane est proprement irresponsable, indigne de la charge qu’il a occupée pendant cinq ans » souligne EELV, rappelant que « dans cette tribune véhémente, Nicolas Sarkozy affirme vouloir être traité comme un « citoyen normal » et établit un parallèle grotesque et scandaleux avec les méthodes totalitaires de la Stasi est-allemande. « Décidément, la France des droits de l’homme a bien changé » ose-t-il même, lui qui rêvait d’une Union pour la Méditerranée avec les dictateurs Kadhafi, el-Assad et Ben Ali. »

–       Pascal Riché, journaliste pour RUE 89, prend la peine de nous rappeler dans son article que « Nicolas Sarkozy donne rarement des leçons de libertés publiques, ce qu’on peut aisément comprendre. Pas besoin de réveiller le souvenirs des peines planchers, de l’extension de la rétention de sûreté, de la loi sur l’audiovisuel public, du fichier Edvige, des test ADN, de l’exploitation des fadettes de journalistes par la DCRI, de la chute de la France dans le classement de la liberté de la presse ».

Il nous rappelle surtout ce qu’était la Stasi, et pourquoi la comparaison semble aujourd’hui odieuse : « La Stasi n’a rien à voir avec le travail des juges français. C’est le diminutif du ministère de la Sécurité d’État (Ministerium für Staatssicherheit, MfS), chargé de la police politique et de l’espionnage en Allemagne de l’Est. Ce n’était pas un petit ministère : en 1989, lorsque le Mur était encore debout, elle comptait environ 266 000 agents, soit 1% de la population : 91 000 fonctionnaires et 175 000 informateurs. On a aussi estimé à 190 000 le nombre d’agents informels basés en RFA. […)La Stasi emprisonnait : entre sa création en 1950 et sa dissolution en 1989, la Stasi comptait dix-sept prisons, où l’on pouvait atterrir sans autre forme de procès.[…) La Stasi, enfin, liquidait. Les opposants potentiels, mais pas seulement. Sa direction avait même donné ordre de tirer sur les familles qui tentaient de passer à l’Ouest »

–       Enfin, dans un article paru ce jour sur Lemonde.fr, on nous rappelle à juste titre  que ce qu’il subit aujourd’hui, Nicolas Sarkozy le doit en partie à sa propre action lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ou Président de la République, lui qui a fait son possible pour élargir les pouvoirs de la police et du parquet, statutairement lié à l’exécutif ;  adoption de la rétention de sûreté en 2008 ; autorisation donnée en 2006 aux policiers de saisir, sans le contrôle d’un juge, les données de connexion des opérateurs téléphoniques ; La loi Perben 2 qui a permis aux policiers de placer des micros ou des caméras dans les voitures ou chez les gens à leur insu ; et la garde à vue a été étendue à 96 heures.

Sans oublier en 2008, le fichier Edvige autorisant les services de renseignements à collecter des informations sur tous les militants politiques, associatifs ou syndicaux, et sur toute personne ou groupe simplement « susceptible de porter atteinte à l’ordre public », ou encore les moyens accordés à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services secrets) à partir de cette même date, pour écouter et surveiller Internet, sans autre contrôle que celui du coordonnateur du renseignement, un proche du chef de l’Etat.

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Si ces écoutes s’avéraient illégales ou inappropriées, Nicolas Sarkozy et son avocat peuvent tout à fait porter ces éléments devant la Justice, qui saura faire toute la lumière sur cette affaire et rectifier ce qui doit l’être

Si ces écoutes permettent de mettre au jour un réel délit (de trafic d’influence notamment), alors Nicolas Sarkozy, citoyen normal, n’aura fait que bénéficier du même traitement que n’importe quel autre citoyen français.

En attendant, la retenue, le bons sens et l’humilité semblent être de rigueur dans cette affaire.

 

 

 

Si vous n’avez rien suivi de cette affaire, vous pouvez consulter cet article.

Une bonne nouvelle pour la planète

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Le tribunal de Melun a interdit mercredi 12 mars un forage d’exploration pétrolière à Nonville en Seine et Marne.

Ce jugement est important car il précise que l’interdiction de la fracturation hydraulique prévue par la loi est générale et absolue et qu’elle s’applique ainsi à l’exploration de potentiels gisements d’hydrocarbures non conventionnels par des groupes pétroliers.

EELV salue cette décision de justice qui limite la tentation des grands groupes d’explorer notre sous-sol et limite surtout toute velléité de lobbying de ces groupes dans l’avenir. Groupes ultra puissants qui ne pourront du coup pas arguer des résultats de leurs explorations pour obtenir des droits à la fracturation et à l’exploitation.

Face aux divers risques de pollution, émissions de gaz à effet de serre, sécheresse, tremblement de terre etc, ce jugement est une décision sage, en accord avec les engagements de la France et du Président de la République. C’est surtout une décision qui préserve l’avenir et l’environnement.
Investissons plutôt dans les énergies renouvelables, c’est là un bien meilleur gisement d’emplois et d’énergie.

Sandrine Rousseau et Julien Bayou, porte-parole d’EELV

Pour rappel :

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11 mars 2011 : un tremblement de terre et un tsunami faisaient 18 000 morts et causaient la plus grande catastrophe nucléaire de ce début de siècle

Pour l’agriculteur japonais Naoto Matsumura, qui vit toujours sur ses terres contaminées par l’accident nucléaire de Fukushima : «Je pense qu’EDF estime que les centrales nucléaires françaises bénéficient d’une technique de meilleure qualité. Tepco, c’était pareil. Ils nous disaient qu’il n’y avait pas de danger, que c’était sûr…»

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3 ans jour pour jour après l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, la situation sur place est toujours extrêmement problématique. Partout, en France et dans le monde, des commémorations ont lieu aujourd’hui.

A Paris ce mardi 11 mars, EELV organisait à 12h30 un rassemblement commémoratif en hommage aux victimes de l’accident sur les marches de la Place de la Bastille, en présence d’Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale, de Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée Nationale, et de nombreux militants.

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Le Réseau Sortir du nucléaire propose également de nombreuses actions antinucléaires, dans le cadre d’une campagne de 50 jours, partout en France, du 8 mars au 26 avril, entre les dates marquant le début des catastrophes de Fukushima et Tchernobyl.

Alors que se jouent actuellement des décisions qui engageront l’avenir énergétique de la France pour les prochaines décennies, l’heure est à la mobilisation, c’est pourquoi le réseau souhaite mobiliser, informer, sensibiliser et dénoncer les risques. Le coup d’envoi de ces 50 jours a été donné le weekend dernier avec notamment une forte mobilisation en Alsace pour la fermeture immédiate de Fessenheim.

Plus d’infos sur http://www.sortirdunucleaire.org/50jours

Une soirée bougies organisée en mémoire des victimes de la catastrophe de Fukushima aura lieu ce mardi 11 mars à 19h30 devant l’hôtel de ville de Paris.

Dimanche 9 mars, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Tokyo pour demander au gouvernement de renoncer à l’énergie atomique. Trois ans après l’accident nucléaire de Fukushima, la situation reste toujours critique à la centrale, mais le gouvernement conservateur de Shinzo Abe reste lui partisan d’une relance du nucléaire dans le pays…

Les témoignages et reportages, 3 ans après la catastrophe, font pourtant froid dans le dos … :

« Quelques jours après le tremblement de terre, la population a fui : l’océan avait envahi la centrale de Fukushima Daiichi, située à une quinzaine de kilomètres, provoquant la catastrophe nucléaire la plus importante depuis Tchernobyl (1986). Les habitants ne sont jamais revenus. »

« La centrale est à sept kilomètres. Dans la rue commerçante épargnée par la vague géante, l’entrepôt du distributeur de journaux est rempli des piles ficelées d’exemplaires du quotidien daté du 12 mars 2011, jamais distribués. A la « une », une photo du désastre. »

« Certains paysans retournent inlassablement la terre, espérant en extirper le mal. Les éleveurs, dans une région réputée pour sa viande bovine, ont jeté l’éponge : à Kawauchi (2 800 habitants, dont la moitié est revenue), quatre-vingts familles pratiquaient l’élevage. Il n’en reste plus que sept. »

« Dans tous les villages, les habitants s’inquiètent. ‘ Les hirondelles et les moineaux ont disparu, il n’y a plus de grenouilles, des arbres meurent sans que l’on sache pourquoi ’ »

Plus d’infos sur ce sujet  :

–         Dans les villes mortes autour de Fukushima, LE MONDE | 10.03.2014

–         Fukushima : 3 ans après l’accident nucléaire, les séquelles toujours présentes, NOVETHIC | 11.03.2014

–         Pour le dernier homme vivant à Fukushima, le prochain accident nucléaire sera en France, Le Figaro | 10.03.2014

–         Fukushima: autour de la centrale, la dépression fait plus de victimes que la radioactivité, Les échos | 10.03.2014

Réactions contre les manipulations et diffamations contre l’égalité filles-garçons et la question du genre

genre

EELV dénonce les messages incitant à retirer leurs enfants de l’école pour protester contre une prétendue éducation sexuelle promulguée à l’école maternelle.

Depuis quelques jours, les élèves et les parents d’élèves sont harcelés de mails et de SMS provenant d’associations extrémistes qui propagent la rumeur selon laquelle, parce que « le genre » est introduit dans les programmes scolaires, leurs enfants seraient en danger à l’école. Non seulement cette manœuvre de déstabilisation des parents est révoltante (les enfants ont été privés d’école), mais, de plus, cette rumeur est totalement mensongère. Depuis plusieurs jours également, les propos les plus extrémistes circulent, dans les rues ou sur les réseaux sociaux, réveillant les haines envers les homosexuels, les juifs, les féministes, les professeurs des écoles appliquant l’ABCD de l’égalité, les chercheurs en études sur le genre, tous présentés comme des ennemis de la société.

Tout ceci relève de la pure manipulation et diffamation.

NON, il n’est pas prévu de mettre en place des cours de masturbation dès la maternelle, ni d’apprendre aux enfants à renier leur sexe d’origine. NON, les enfants ne sont pas en danger. Non, il n’y aura pas de projection de films « sexuels » à l’école, et les garçons ne seront pas transformés en filles (ni inversement).

NON, la prétendue « théorie du genre » n’existe pas, mais, oui, les études de genre existent. Le genre est simplement un concept pour penser des réalités objectives. On n’est pas homme ou femme de la même manière au Moyen-Âge et aujourd’hui. On n’est pas homme ou femme de la même manière en Afrique, en Asie, dans le monde arabe, en Suède, en France ou en Italie. On n’est pas homme ou femme de la même manière selon qu’on est cadre ou ouvrier. Le genre est un outil que les scientifiques utilisent pour penser et analyser ces différences.

OUI, les programmes scolaires invitent à réfléchir sur les stéréotypes de sexe, car l’école, le collège, le lycée sont les lieux où les enseignants promeuvent l’égalité et la tolérance, où les enfants apprennent le respect des différences (culturelles, sexuelles, religieuses). « Vati liest die Zeitung im Wohnzimmer. Mutti ist in der Küche. » (Papa lit le journal au salon. Maman est à la cuisine). Voilà comment des élèves de collège apprenaient l’allemand, à travers les aventures de Rolf et Gisela, dans les années 1980. Réfléchir sur le genre, c’est réfléchir sur les effets de ce type de messages.

OUI, l’école est le lieu où l’on permet à chacun, par les cours de français, d’histoire, de SVT, d’éducation civique, d’éducation physique, de réfléchir sur les conséquences néfastes des idées reçues et d’interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés au cri de « pédés » dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde. Oui, l’école est le lieu où l’on permet aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes.
Les études de genre recouvrent un champ scientifique soutenu par le Ministère de la recherche et de l’enseignement supérieur et le CNRS, et elles ont des utilités nombreuses dans l’éducation et la lutte contre les discriminations : ces études et ces travaux existent à l’université depuis longtemps. Nombreuses sont les académies à organiser des journées de formation sur ces thèmes ; nombreuses sont les universités à offrir des cours intégrant le genre : en sociologie, en sciences de l’éducation, en anthropologie, en biologie, en sciences économiques, en philosophie, en histoire, en littérature, etc. Des séances de sensibilisation aux questions d’égalité entre les sexes font partie du parcours de formation des enseignants du primaire et du secondaire.

En permettant aux élèves de constater la diversité des familles actuelles, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles offrent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, la liberté de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.

Face à ces propos dangereux, face aux risques de dérives extrémistes, nous invitons les parents d’élèves à dialoguer avec les enseignant.e.s de leurs enfants afin de connaître les contenus effectifs des programmes et leurs objectifs. Les enfants ont besoin de la confiance entre les adultes pour comprendre leur présence à l’école et apprendre.

Les parents, les enseignants, les associations doivent échanger sereinement. C’est à ce prix qu’on comprendra la nécessité d’une pédagogie précoce pour assurer plus tard aux jeunes et adultes une vie, notamment sexuelle, choisie et maîtrisée.

Nous dénonçons cette initiative de calomnie qui, en réalité, masque l’inégalité des sexes et l’homophobie. Nous rappelons qu’aujourd’hui :

  • les filles et les garçons ne vivent pas la même expérience scolaire, comme le démontrent depuis 30 ans toutes les recherches internationales
  • l’homophobie est la première cause de suicide chez les jeunes
  • les métiers ne sont pas mixtes
  • les salaires des femmes sont inférieurs en moyenne à 25% de ceux des hommes
  • une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint

Ces initiatives de calomnies suscitent la peur, entament la confiance des parents vis-à-vis des institutions scolaires, et encouragent la violence.

Vous pouvez retrouver le communiqué officiel sur le site eelv.fr ainsi que sur http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2014N45876

 

Les écologistes, précurseurs depuis 30 ans

 

anniversaire EELV

Les Verts ont 30 ans. Et l’écologie politique 40 avec la candidature de René Dumont en 1974. C’est le moment où jamais de souligner à quel point l’écologie a été pionnière. Et bien sûr continue à l’être. Nous avons été les premiers à mettre en place la parité dans nos instances et nos candidatures. Les premiers à nous appliquer le non cumul des mandats  qui vient enfin d’entrer dans la loi. Les premiers à dire que chacun et chacune avait le droit de se marier (comme de ne pas se marier ☺) quelle que soit son orientation sexuelle, combat victorieux en France depuis la loi sur le mariage pour tous. Les premiers à alerter sur les risques sanitaires de nos modes de vie et de certaines de nos productions, de l’amiante au diesel en passant par le bisphénol A ou les antennes relais. Les premiers à alerter sur les risques du nucléaire qui sont malheureusement devenus réalités à Tchernobyl comme à Fukushima. Les premiers à alerter sur les menaces écologiques globales comme le changement climatique, la pénurie d’eau potable ou la perte accélérée de biodiversité. Ou encore les premiers à souligner l’insoutenabilité sociale, économique et bien sûr environnementale des modèles agricoles dominants, comme le montre aujourd’hui l’implosion du « modèle breton ».

Mais nous sommes aussi les premiers à avoir constitué dès les années 90 un vrai parti européen, le PVE, qui organiseles premières primaires européennes. Les premiers à nous situer clairement dans un champ politique européen, et là où beaucoup autres se replient sur la Nation, à continuer à affirmer une vision internationaliste et solidaire du monde et de l’Europe.

Le fait d’avoir été pionnier depuis 30 ans montre à quel point nous pouvons gagner des batailles culturelles. Voilà pourquoi j’espère que bientôt nous pourrons ajouter à la liste de ces victoires : l’engagement de la sortie du nucléaire, le droit à mourir dans la dignité, ou encore le droit pour les étrangers de voter aux élections locales.

Il nous reste encore beaucoup de batailles culturelles à gagner : mettre à distance la société de consommation et montrer que l’on peut vivre mieux en consommant moins ; se battre pour une France qui se reconnaitrait enfin comme un grand pays d’immigration pluriculturel, richesse à valoriser dans un monde globalisé ; faire comprendre que l’avenir de nos emplois réside justement dans une société et une économie plus écologique au travers de la transition énergétique, de la révolution industrielle verte, des échanges de liens et non de biens…

Et pour gagner ces batailles, il ne faut pas chercher à convaincre tel ou tel partenaire politique, mais bien la société. Alors à 30 ans, soyons fiers de ce que nous avons réalisé car je ne connais pas de plus beau projet politique que celui qui consiste à transmettre à ses enfants un monde dans lequel il fait bon vivre.

Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement

Question au gouvernement d’Aline Archimbaud, sénatrice EELV de Seine Saint Denis

Aline Archimbaud

Question au gouvernement

Aline Archimbaud, sénatrice EELV de Seine Saint Denis

Jeudi 9 janvier 2014

2 minutes 30

Monsieur le Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie,

Il y a un an, ici-même, j’interpellais le gouvernement au sujet des convois de déchets nucléaires pour me voir répondre qu’il n’y avait aucun problème.

Pourtant, lundi 23 décembre à 16h13, un wagon transportant de l’uranium appauvri UF6 déraillait à Drancy, en Seine-Saint-Denis, à 50 mètres des habitations et à 100 mètres des quais du RER B.

 

Au même endroit, 11 jours auparavant, un wagon d’acide chlorhydrique venait de dérailler et de percuter un wagon de nitrate d’ammonium : les deux matières qui, entrées en contact, sont à l’origine de l’explosion d’AZF.

 

Au même endroit sont survenus ces dernières années, 44 accidents, dont 22 considérés comme graves par l’État.

Cette situation ne peut plus durer. Nous ne pouvons continuer à faire preuve d’amateurisme et de désinvolture en la matière.

  • Des déchets d’une haute dangerosité continuent de transiter à travers notre pays, y compris dans des zones urbaines très denses, sur des voies empruntées par des dizaines de milliers de voyageurs, à proximité de sites Seveso et sans même que les maires des communes concernées n’en soient informés ;
  • Les alarmes de confinement, qui auraient retenti à 16h15, n’ont pas été entendues par les riverains qui de toute manière n’ont jamais été informés de ce qu’ils sont censés faire quand elles se déclenchent ;
  • Les cheminots ont été vus en train d’évoluer autour du wagon et ne portaient ni dosimètres, ni équipements spéciaux ;

Qu’avez-vous à répondre à la population en colère, aux cheminots et aux élus inquiets ?

Chaque année, 200 à 300 transports ferroviaires de déchets radioactifs sillonnent la France sur des dizaines de milliers de km en plus des transports routiers, depuis toutes les centrales nucléaires françaises jusqu’à La Hague pour leur retraitement et ensuite vers le sud à Marcoule pour le MOX.

Les écologistes demandent l’arrêt immédiat de ces transports irresponsables et que soit organisé l’entreposage des déchets à proximité des centrales.

 

Deux questions :

  1. Quelles mesures de sécurité allez-vous prendre en urgence autour de la gare de Drancy et quand allez-vous informer les élus et la population ?
  1. Quand allez-vous mettre fin à ces transports de déchets nucléaires, qui font courir aux populations des risques énormes ?

Le Président de la république a eu des engagements très clairs, notamment sur une réduction de 50% de la part du nucléaire. Mais à quand l’abandon de la filière Mox ?

http://alinearchimbaud.eelv.fr/

 

 

Réponse de M. Frédéric Cuvillier, ministre délégué auprès du ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche.

Madame la sénatrice, vous faites référence à deux incidents importants qui ont eu lieu à quelques jours d’intervalle, le 12 et le 23 décembre dernier. Ils concernaient, pour l’un, un wagon vide d’acide chlorhydrique et, pour l’autre, un wagon de déchets d’origine nucléaire. Ce dernier incident a été classé par l’Autorité de sûreté nucléaire, sur une échelle allant de zéro à sept, au niveau zéro, le wagon étant simplement sorti des rails sans se renverser et sans provoquer de collision.

Je rappelle que les mesures de sécurité sont nombreuses et découlent d’une réglementation très précise, qui est à la fois internationale, communautaire et nationale. Il s’agit de permettre de mettre en œuvre toutes les dispositions nécessaires en matière d’information et de sécurité, même si, bien sûr, celles-ci ne sont jamais suffisantes.

Je tiens à vous assurer de la mobilisation du Gouvernement. Philippe Martin et moi-même avons été associés et informés en temps réel des dispositions qui ont été prises, s’agissant notamment des modalités d’organisation du périmètre de sécurité, qui a été très rapidement levé.

Il n’en demeure pas moins que la réglementation applicable doit être confortée. C’est pourquoi nous avons demandé qu’un retour d’expérience nous soit fait par le préfet le 16 janvier prochain. Par ailleurs, un comité d’information doit être mis en place, comme je l’évoquais encore hier avec Marie-George Buffet et avec le maire du Blanc-Mesnil : il faut que l’on puisse réunir très rapidement autour de la table non seulement les élus locaux, mais aussi les opérateurs et l’ensemble des acteurs. Je tiens d’ailleurs à rendre hommage à toutes les personnes qui ont fait preuve d’une grande responsabilité en pareille situation, qu’il s’agisse des cheminots, des autorités locales et des services de sécurité.

 J’ai demandé à RFF et à la SNCF une expertise complémentaire pour que nous puissions déceler les risques que peut entraîner le transport ferroviaire, dont on sait qu’il est le mode de transport le plus sûr. Les déchets ou les matières dangereuses peuvent être transportés soit par la route, soit par le rail, mais encore faut-il que RFF et la SNCF puissent apporter toutes les garanties. Telle est notre préoccupation !

Vous nous avez interrogés enfin sur la filière MOX. Le Président de la République a confirmé, lors du conseil de politique nucléaire d’octobre 2012, notre stratégie de retraitement des combustibles usés et de réemploi dans les réacteurs français des matières fissiles extraites sous la forme de combustible MOX.

 La réglementation internationale impose le retour dans le pays d’origine de ces matières. Un transport sécurisé s’impose donc.