Samedi 15 mars à 14h : manifestation tous à vélo !

Les membres du Collectif des riverains de la gare de triage de Drancy, du Bourget et du Blanc Mesnil (le CORIGAT) appellent tous ceux qui le souhaitent à les rejoindre samedi 15 mars à partir de 14h place Gabriel Peri au Blanc Mesnil, pour une nouvelle manifestation, à vélo cette fois ci, autour de la gare de triage de Drancy.

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Objectif : se mobiliser une nouvelle fois pour l’interdiction du transit et du stationnement de wagons transportant des matières dangereuses et toxiques (notamment radioactives) sur la gare de triage.

Pour mémoire, retrouvez les informations à ce sujet dans nos articles précédents :

–          Retour sur la manifestation du 11 janvier ici.

–          Question au gouvernement de la part d’Aline Archimbaud sur ce sujet

–           Retour sur les incidents ici

 

 

Loi sur les ondes : une avancée frileuse

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Une loi retoquée en janvier 2013

Il y a un an, quasiment jour pour jour, Laurence Abeille, députée EELV, voyait sa proposition de loi sur le principe de précaution pour les ondes électromagnétiques tout simplement jetée aux oubliettes suite au vote d’une motion de renvoi en commission des affaires économiques (une procédure qui équivaut à un abandon) par les députés socialistes.

Les écologistes ne disposent que d’une « niche parlementaire » par an pour déposer des propositions de loi. Une « niche » ou une « fenêtre » parlementaire est une séance mensuelle où des députés et des sénateurs peuvent déposer des propositions de loi. Ils sont alors maîtres de l’ordre du jour, c’est-à-dire des thèmes, qui seront abordés pendant cette séance. La grande majorité des lois débattues sont présentées par le gouvernement. Cette séance réservée aux groupes parlementaires minoritaires et d’opposition leur permet de se faire entendre.

François de Rugy, le coprésident du groupe EELV à l’Assemblée nationale avait alors qualifié ce renvoi d’« inadmissible ». « A quoi bon réserver des espaces aux groupes ? », s’était interrogé pour sa part le député de Paris, Denis Baupin.

 

Le texte de Laurence Abeille avait donc été déjà largement revu en commission par les socialistes, mais les écologistes espéraient pouvoir en débattre en séance plénière et réintroduire, par des amendements, des dispositions importantes, comme le principe d’un seuil d’exposition « aussi bas que raisonnablement possible ».

Mais à la veille de la présentation du texte, la ministre déléguée à l’économie numérique, Fleur Pellerin, avait mis en garde contre des « peurs irrationnelles » en estimant que la nocivité des ondes « n’est pas scientifiquement étayée ». Sans doute craignait-elle à l’époque  des mesures trop restrictives qui freineraient le déploiement en cours du réseau de téléphonie mobile de quatrième génération (4G), qui permettra d’améliorer la couverture dans certaines zones périurbaines ou rurales. Un déploiement qui représente « un investissement de 3 milliards sur les cinq prochaines années et des dizaines de milliers d’emplois« , avait-t-elle rappelé.

L’emploi de ces termes avait à l’époque fait bondir les associations et les élus écologistes : « Voilà un discours que l’on pensait révolu, notamment depuis la classification des radiofréquences (antennes-relais, WiFi, compteurs intelligents inclus…) comme possiblement cancérigènes pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé, en 2011« , avaient alors réagi les associations Agir pour l’environnement et Priartem dans un communiqué.

« Offusquée« , la députée européenne écologiste Michèle Rivasi s’était également insurgée qu’on « met(te) toujours le développement économique avant la santé des gens »

En effet, en 2009, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses, avait rendu un avis alertant sur les dangers potentiels des ondes électromagnétiques. L’OMS a également classé ces dernières comme potentiellement cancérigènes. 

 

Un texte finalement adoptée le 23 janvier 2014

C’est donc un an plus tard, le 23 janvier dernier, que l’Assemblée a finalement adopté une proposition de loi de compromis pour limiter l’exposition aux ondes électromagnétiques générées par les technologies sans fil – téléphones mobiles, tablettes, Wi-Fi.

Ce texte écologiste, fruit d’un an de travail avec les socialistes et le gouvernement, apparaît comme un « compromis constructif » et « une première réponse » aux préoccupations portant sur les ondes, selon le ministre de l’écologie, Philippe Martin. Les opérateurs des télécoms, au contraire, craignent qu’il n’entrave le développement de ce secteur, en faisant naître des « peurs irraisonnées ».

 

Que prévoit la loi adoptée par les députés ?

La loi « relative à la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques » a pour but de limiter l’exposition aux ondes électromagnétiques.

Elle ne conduira pas à abaisser les seuils réglementaires d’exposition de la population mais vaudra surtout pour les « points atypiques », où « les niveaux d’exposition dépassent sensiblement la moyenne observée à l’échelle nationale ».

Pour les téléphones portables, les fabricants devront « préconiser » l’usage d’un kit mains libres. Toute publicité ciblant les moins de 14 ans sera également interdite. Les équipements Wi-Fi seront interdits dans les établissements d’accueil d’enfants de moins de 3 ans, c’est-à-dire les crèches et garderies. Enfin, les personnes souffrant d’électrohypersensibilité aux champs électromagnétiques verront enfin leur situation prise en compte. Le gouvernement devra en effet remettre au Parlement un rapport traitant, en particulier, de « l’opportunité de créer des zones à rayonnements électromagnétiques limités, notamment en milieu urbain », ainsi que des « conditions de prise en compte » de leurs difficultés en milieu professionnel.

 

En quoi cette loi peut-elle être considérée comme frileuse ?

Bien que marquant une étape symbolique pour la reconnaissance de l’électrohypersensibilité et représentant une avancée comblant un vide règlementaire persistant, ce texte n’est pas à la hauteur des attentes des écologistes.

On pouvait s’attendre à ce que le débat à l’Assemblée nationale renforce le texte de la proposition de loi. Non seulement les amendements visant à renforcer le texte ont été rejetés, mais sur proposition du gouvernement, l’ambition du texte initial a été réduite.

Nous pouvons en effet regretter que la loi ne fasse que « limiter » l’exposition de la population aux ondes.

Les seuils d’exposition ne seront pas abaissés, les fabricants auront simplement une obligation de « préconiser » l’usage des kits mains libres.

Enfin s’agissant des enfants, la proposition de loi initiale des écologistes visait à interdire les équipements Wi-Fi dans tous les établissements d’accueil des moins de 6 ans. Mais le gouvernement a fait voter un amendement qui restreint cette mesure aux moins de 3 ans, c’est-à-dire aux crèches et aux garderies. Elle ne concernera donc pas les écoles maternelles.

Nous pouvons encore espérer que les sénateurs sauront renforcer la petite loi adoptée par les députés présents le 23 janvier 2014.

 

Quelles sont les principales sources d’exposition aux ondes ?

Les ondes sont extrêmement présentes dans notre environnement quotidien. Tous les appareils électriques sous tension créent en effet un champ électromagnétique. La principale source d’exposition est de « très loin » le téléphone portable, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Les antennes-relais pour la téléphonie mobile, qui se développent très rapidement avec le déploiement de la 4G, génèrent également des ondes, bien que l’exposition moyenne soit bien inférieure aux téléphones. A l’extérieur, les lignes électriques, transformateurs ou voies ferrées sont aussi des sources de rayonnements électromagnétiques.

Enfin, tous les appareils connectés de notre environnement personnel nous exposent aux radiofréquences : les ordinateurs et tablettes, les technologies Wi-Fi, Bluetooth et RFID (Radio Frequency Identification, ou puces électroniques), mais aussi les lampes fluorescentes, les fours à micro-ondes, les plaques à induction ou les machines à laver.

 

Quel est leur impact sanitaire ?

Malgré un nombre de recherches extrêmement important sur le sujet, aucune étude ne permet d’affirmer avec certitude quel est l’impact sanitaire des ondes pour la santé humaine.

Néanmoins,  en mai 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé les ondes électromagnétiques comme « cancérogène possible » en raison d’études évoquant une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale pour des utilisateurs intensifs (à partir de 30 minutes quotidiennes).

Deux ans plus tard, dans une analyse publiée en octobre 2013, évaluant plus de 300 études internationales, l’ANSES pointe des effets biologiques chez l’homme ou chez l’animal, concernant le sommeil, la fertilité mâle ou encore les performances cognitives. Malgré tout, « les conclusions de l’évaluation des risques ne mettent pas en évidence d’effets sanitaires avérés », estime-t-elle.

L’Anses insiste toutefois sur « le développement massif des technologies recourant aux radiofréquences et conduisant à une exposition intensive de la population, le cas échéant des personnes les plus sensibles, et à laquelle elle ne peut se soustraire ». Le déploiement de la 4G « devrait s’accompagner d’une augmentation de l’exposition du public », ajoutent les experts de l’agence. L’Anses invite alors de manière générale à « limiter les expositions de la population », en particulier par le biais des téléphones portables, et incite à l’utilisation d’une oreillette.

Rappelons que le principe de précaution, « selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles dans les domaines de l’environnement, de la santé ou de l’alimentation » est définit à l’article 5 de la charte de l’environnement, charte adossée à la Constitution, ce qui confère par là même à cette charte et à ce principe une valeur constitutionnelle.

 

Comment se protéger des ondes au quotidien ?

  1. Bien utiliser son téléphone portable

Le téléphone portable est une source importante d’ondes électromagnétiques. Pour réduire votre exposition, il est donc important d’optimiser son utilisation. Pour cela, téléphonez uniquement dans les zones de bonne réception et évitez de l’utiliser en voiture, dans le train, etc… Le champ électromagnétique est en effet particulièrement puissant lorsque le téléphone capte mal son réseau.

Ne gardez pas non plus votre téléphone portable en permanence sur vous (de préférence encore moins près de vos organes reproducteurs !) et éteignez-le (ou mettez-le en mode avion) systématiquement si vous le gardez près de vous la nuit. Les ondes, elles, ne dorment pas !

Privilégiez systématiquement le kit main libre pour passer vos appels.

Sachez enfin que les téléphones fixes sans fil fonctionnent aussi grâce aux ondes : chez vous, préférez les téléphones filaires.

 

  1. Eteindre son wifi

Pour se protéger efficacement des ondes électromagnétiques, il est important d’éteindre son réseau wifi. L’intensité qu’il émet est certes moins importante que les téléphones portables mais sa fréquence être proche de celle des fours à micro-ondes. Mieux vaut donc se connecter à internet grâce à un réseau filaire.

Sachez que les boxs sont généralement fournies avec le wifi activé par défaut. Vous devez donc le désactiver même si vous ne l’utilisez pas.

Si vous souhaitez malgré tout continuer à utiliser le Wifi dans votre quotidien, il est conseillé a minima d’éteindre votre box dès lors que vous stoppez l’utilisation, notamment la nuit. Il vous suffira de la rallumer le lendemain. En plus, vous réaliserez des économies d’énergie (la box et tous ses voyants lumineux consomment en permanence) et donc des économies !

 

  1. S’éloigner du four à micro-ondes

Le four à micro-ondes émet un champ électromagnétique important. Il fonctionne grâce à un rayonnement de forte puissance qui agite les molécules d’eau afin de provoquer le réchauffement ou la cuisson des aliments. Le problème du four à micro-ondes est qu’il n’est généralement pas totalement étanche et qu’une partie des ondes censées être confinées dans l’enceinte du four peut fuir à l’extérieur.

Pour minimiser votre exposition, il est donc important de vous tenir à distance de celui-ci durant son fonctionnement.

 

  1. Protéger les enfants

Rappelons que les sujets les plus à risques sont les enfants. Jusqu’à 3 ans notamment, la membrane de leur cerveau n’ayant pas terminé son développement, elle est poreuse et donc beaucoup plus exposée aux pollutions quelles qu’elles soient.

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Il est donc vivement conseillé d’éviter toute exposition des enfants, en particulier avant 3 ans, que ce soit à travers les téléphones portables ou les tablettes.

 

  1. Et les antennes relais ?

Les antennes relais font l’objet de nombreuses inquiétudes. Comme ce sont elles qui créent le réseau nécessaire au fonctionnement des téléphones portables, il peut être tentant de s’en éloigner au maximum. Or, un téléphone portable module la puissance du signal qu’il émet en fonction de la qualité du signal qu’il reçoit. Ainsi, moins le réseau est fort, plus le téléphone émet. S’éloigner d’une antenne relais n’a donc de sens qu’à condition de se passer totalement de téléphone portable. L’exposition au champ émis par les antennes relais n’est pas directement liée à l’antenne du téléphone mais à l’utilisation du téléphone portable lui-même.

La réglementation actuelle en la matière est néanmoins extrêmement contestable puisque les habitants des immeubles collectifs notamment, lorsqu’ils ne sont pas propriétaires, n’ont aucun droit de regard sur l’installation des antennes relais sur leur immeuble.

Pour visualiser les antennes relais près de chez vous, rendez-vous sur le site http://www.antennesmobiles.fr/ et  tapez votre code postal ou votre adresse dans la case « géolocalisation ».

 

 

Tribune des élus Europe Ecologie – Les Verts de Bondy / Les Pavillons-Sous-Bois – Février 2014

La loi « relative à la sobriété, à la transparence et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques » a été adoptée le 23 janvier dernier. Une concertation préalable à toute implantation d’antennes relais sera désormais obligatoire, toute publicité ciblant les moins de 14 ans sera interdite et l’électro-hypersensibilité reconnue. Mais si cette loi a pour but de limiter l’exposition aux ondes, elle ne conduira pas à abaisser les seuils réglementaires d’exposition de la population. Il suffira de préconiser l’usage d’un kit mains libres et l’interdiction des équipements Wi-Fi ne s’appliquera qu’aux crèches et aux garderies (enfants de moins de 3 ans) mais pas aux écoles maternelles comme le suggérait la proposition de loi initiale des écologistes. Pour repérer les antennes relais près de chez vous, rendez-vous sur http://www.antennesmobiles.fr/

Les élus du groupe EELV

 

Fort de Vaujours : Appel à manifester Samedi 8 Février 2014 après-midi

Près de 80 000 personnes ont d’ores et déjà signé la pétition du collectif « Sauvons la Dhuis » http://www.change.org/FortdeVaujours

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Le collectif vous invite à une marche samedi 8 février 2014 à partir de 14h30 pour dire  NON aux projets de Placoplâtre et de la Communauté d’Agglomération de Marne et Chantereine POUR que tous les moyens soient donnés afin de trouver les causes des taux élevés de décès par cancer dont souffrent les riverains du Fort de Vaujours.

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Le lieu du rendez-vous a été fixé sur la commune de Coubron (93470), au niveau la place du Pâtis.

Cette marche pour la santé des citoyens, d’une durée de 2 heures, permettra de faire un aller-retour de Coubron (93470) à Courtry (77181), entre la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne.

Pour suivre toutes les actualités sur la manifestation, rejoignez l’événement Facebook : https://www.facebook.com/events/640101669358777

Quelques précisions sur la situation scandaleuse qui est dénoncée. Source : http://www.change.org/FortdeVaujours

A quelques kilomètres de Paris, le long de la promenade de la Dhuis et sur les communes de Courtry, Coubron et Vaujours, trône le Fort de Vaujours.fort de Vaujours

Cette ancienne fortification militaire a été utilisée de 1951 à 1997 par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour y développer les détonateurs des bombes atomiques de l’armée Française.

Pendant des années, le CEA a pratiqué sur le site des essais nucléaires dits sous-critiques (ou tirs “froids”). Ces tirs consistaient à l’explosion de bombes atomiques factices construites autour de sphères d’uranium 238. Ces tirs ont été réalisés à l’air libre aussi bien qu’en salles de tirs.           

Les débris et éclats d’uranium causés par les explosions à l’air libre étaient projetés bien au-delà de l’emprise du fort. Lors des gros tirs, certains débris ont été retrouvés par le CEA à plus d’un kilomètre du fort.

Lors des explosions en casemates de tir, les éclats d’uranium et autres déchets étaient évacués à grandes eaux dans des puits dit de « lavage » profonds de plusieurs dizaines de mètres. 14 de ces puits ont été recensés sur le site.

Une contamination des sols en matières uranifères (Uranium 238 entre autres) a été confirmée en 2001 par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité), la SUBATECH et par le CEA lui-même qui a reconnu que certains ouvrages contaminés avaient été noyés dans le béton compte tenu de l’impossibilité de les décontaminer.

Rappelons que l’Uranium 238 est un toxique chimique qui présente une très forte radio toxicité par inhalation. Ainsi une exposition par contamination interne peut avoir sur le long terme des effets sur la santé sous la forme de cancers et de leucémies.

Suite à ces découvertes, entre 2001 et 2002, une dépollution sur seulement 0,22% de la surface du fort fut réalisée par l’Etat français : une campagne d’assainissement très limitée compte tenu des coûts astronomiques qu’impliquent ce genre de travaux.

 

Pour preuve de l’insuffisance des campagnes de dépollution de l’époque, en mai 2011, une mesure de radioactivité, 33 fois supérieure à la norme, a été relevée dans l’enceinte du fort de Vaujours sur un point chaud détecté par la CRIIRAD en 2001.

A cette pollution exceptionnelle en proche banlieue, s’ajoutent des risques non moins importants liés à la présence d’explosifs en subsurface, de pollutions aux métaux lourds (Arsenic, Mercure, Amiante, Cuivre, Plomb, Tungstène, Zirconium, etc.) ainsi que des pollutions chimiques (Dioxine, PCB, Perchlorate d’ammonium, etc).

Suites aux pressions et à la mobilisation de l’époque, les préfectures ont décidé, en date du 22 Septembre 2005, de frapper le site de servitudes; ainsi l’arrêté préfectoral précise que « Les terres issues de travaux de terrassement, construction ou modification du terrain doivent être stockées sur le site même ». Il précise également : « un usage résidentiel, des activités agricoles, des activités entraînant la présence régulière d’enfants, les établissements recevant du public et les lieux de rassemblement de personnes (parc public, camping, aire de spectacle, …) sont proscrits. »

Cette activité nucléaire et chimique passée peut-elle expliquer pourquoi les taux de décès par tumeurs sont anormalement élevés sur la ville de Courtry ?        

En effet, selon l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France, dans le cadre de la signature du Contrat Local de Santé de la communauté d’agglomération : tandis que les taux sont de 36% pour les hommes et 26% pour les femmes en Seine et Marne,  taux de décès par tumeurs sont de 52% pour les hommes et 49% pour les femmes à Courtry.

De plus, en 2000, un médecin généraliste de Coubron, signalait dans la presse que les maladies thyroïdiennes sur le secteur avaient doublé en dix ans.

Depuis 2010, le site de 45 hectares est la propriété de la société BP PLACO (Placoplâtre), filiale du groupe St-Gobain, et de la Communauté d’Agglomération de Marne et Chantereine.

 

Placoplâtre souhaite détruire le fort et extraire des millions de mètres cubes de terres potentiellement contaminées afin d’y ouvrir une carrière de gypse (pierre à plâtre) à ciel ouvert. La Communauté d’Agglomération de Marne et Chantereine (CAMC), propriétaire de 11 hectares, souhaite y implanter une zone d’activité économique.

Les nouveaux propriétaires minimisent les risques. Malgré des demandes répétées des associations locales, ils n’ont livré à ce jour aucune analyse, aucune étude liée à la dangerosité du site et affirment qu’ils n’ont rien trouvé d’alarmant.

Placoplâtre, pour réaliser son exploitation des sous-sols du fort, a besoin que les arrêtés préfectoraux de servitudes d’utilité publique qui frappent le site soient levées ou modifiées pour permettre une sortie des terres hors du site.           

Le 4 avril 2013, à la demande des nouveaux propriétairesles conseillers municipaux de la ville de Courtry ont voté à l’unanimité la révision du Plan Local d’Urbanisme afin de permettre la réalisation de ces projets. Tout est donc en marche pour ce qui pourrait être un des plus grands désastres sanitaires de l’Est Parisien, voire de la région parisienne.      

Il est donc urgent de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

 

Quels sont les risques pour la santé des populations locales ?

Quels sont les risques que vont prendre les employés et autres sous-traitants qui vont travailler sur ce site et notamment à la destruction des bâtiments et au déplacement de millions de m3 de terres potentiellement contaminées ?

Quelles garanties peuvent apporter les propriétaires au niveau de la sécurité sanitaire des habitants et des travailleurs ?  

Devant l’ampleur des risques, nous demandons donc qu’une réelle étude d’impact indépendante sur les risques pouvant nuire à la santé des populations locales et des travailleurs soit réalisée par des organismes tels que la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité).

Comme en 2000, nous redemandons la mise en place d’un réel périmètre de protection afin que le site soit absolument protégé et qu’aucune occupation des sols et d’exploitation des sous-sols ne soient autorisées.

Nous demandons avec force que toute la lumière soit faite afin de déterminer les causes exactes des taux anormaux de décès par tumeurs sur la commune de Courtry.

Enfin, nous demandons la mise en place, dans les plus brefs délais, d’une commission d’enquête parlementaire relative aux conséquences des expérimentations nucléaires réalisées au sein du Centre d’études du Commissariat à l’Énergie Atomique de Vaujours-Courtry ainsi qu’aux risques liés aux projets portés par Placoplâtre et la Communauté d’Agglomération de Marne et Chantereine.

Retour sur la manifestation contre les convois nucléaires du 11 janvier

Le 23 décembre 2013, un wagon transportant du combustible qui se dirigeait vers l’usine de retraitement d’Areva à la Hague (Manche) avait déraillé, sans provoquer de fuite radioactive.

Le 23 décembre 2013, un wagon transportant du combustible qui se dirigeait vers l’usine de retraitement d’Areva à la Hague (Manche) avait déraillé, sans provoquer de fuite radioactive.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait toutefois indiqué qu’un « point de contamination » avait été détecté lors d’un contrôle sur le wagon endommagé vide.

Dotée de 48 voies ferrées, la gare de triage longue de 3 km, à cheval sur trois communes de Seine Saint Denis proches de Bondy (Drancy, Le Blanc-Mesnil et Le Bourget), accueille chaque année près de 250.000 wagons de marchandises, dont 13.000 chargés de matières dangereuses.

Deux cents personnes ont défilé samedi 11 janvier pour demander l’arrêt des convois de matières radioactives, après le déraillement d’un wagon de déchets nucléaires le 23 décembre à la gare de triage de Drancy, incident pour lequel des maires ont saisi la justice.

A l’appel du Corigat, collectif de riverains de la gare de triage de Drancy, du Bourget et du Blanc-Mesnil, la manifestation familiale réunissait des élus des Verts, du PCF, du Front de gauche et du PS, ainsi que des membres de Greenpeace et du réseau Sortir du nucléaire.

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Les élus du groupe local de Bondy / Les Pavillons-sous-bois s’étaient joint aux manifestants pour leur apporter leur soutien.

 

« Cette grande mobilisation fait suite à des incidents sérieux. On a franchi un cap, la coupe est pleine », a déclaré Didier Mignot, maire (PCF) de Blanc-Mesnil qui participait à la manifestation.
L’élu, qui a saisi la justice par voie de référé, dénonce les lacunes des expertises sur la gare et demande que de nouvelles études soient lancées.

Jean-Christophe Lagarde (UDI), maire de la commune voisine de Drancy, a de son côté fait savoir qu’il déposerait « en début de semaine » une plainte contre l’Etat pour mise en danger de la vie d’autrui.

« Le mouvement commence à prendre, ça veut dire qu’il faut continuer », a déclaré Alain Ramos, président du Corigat. « Depuis des années, nous, riverains, nous demandons l’arrêt des wagons transportant des matières dangereuses pour vivre en sécurité », a-t-il ajouté.

 

 

Le collectif a prévu d’organiser une manifestation par mois jusqu’en juin. Il a donné rendez-vous pour la prochaine « dans la première quinzaine de février ».

 

Risques liés au transport des déchets nucléaires : Appel à manifester samedi 11 janvier à 10H

wagon nucléaire

Le Collectif des riverains de la gare de triage de Drancy, du Bourget et du Blanc Mesnil appelle a manifester samedi 11 janvier prochain suites aux événements survenus en décembre 2013 à la gare de Drancy et mettant en danger la sécurité et la santé des populations.
 

LE 11 DECEMBRE UN WAGON D’ACIDE CHLORHYDRIQUE DERAILLE

LE 23 DECEMBRE UN WAGON DE DECHETS NUCLEAIRES DERAILLE

NOUS REFUSONS D’ATTENDRE UNE CATASTROPHE, POUR QUE DES MESURES ASSURANT LA SECURITE ET LA PROTECTION DES HABITANTS SOIENT PRISES.

NOUS EXIGEONS L’ERADICATION DES DANGERS ET DES RISQUES.

NOUS EXIGEONS L’ARRET DU TRANSIT ET DU STATIONNEMENT DES WAGONS TRANSPORTANT DES MATIERES DANGEREUSES ET TOXIQUES,SUR LE SITE DE LA GARE DE TRIAGE

Depuis des mois, par le porté à connaissance du 22 avril 2013, nous savons que la SNCF et le RFF n’assurent pas la sécurité à leurs salariés et aux riverains du site de la gare de triage de Drancy, le Bourget et le Blanc-Mesnil.

Les déraillements successifs qui viennent de se produire mettent en évidence l’urgence et l’obligation de prendre les mesures immédiates et nécessaires à l’éradication des dangers et des risques, pour assurer la protection et la sécurité des populations et des salariés concernées.

Il est intolérable qu’un document préfectoral qui met en évidence les risques encourus par la population, ne prenne aucune mesure pour résoudre les dangers et les risques qu’il affirme connaître.

La première responsabilité de l’État est d’assurer la protection et la sécurité de ces citoyens. Depuis le 22 avril 2013, les citoyens et les municipalités des villes concernés se mobilisent afin d’obtenir les garanties du vivre en sécurité. Faudra-t-il qu’une catastrophe majeure se produise, pour qu’enfin des mesures soient prises. Pour notre part nous refusons ce scénario catastrophe.

POUR EXIGER L’ARRET DU TRANSIT ET DU STATIONNEMENT DES WAGONS TRANSPORTANT DES MATIERES DANGEREURES ET TOXIQUES SUR LE SITE DE LA GARE DE TRIAGE.

LE COLLECTIF DES RIVERAINS DE LA GARE DE TRIAGE APPELLE TOUS LES HABITANTS DU BLANC-MESNIL, DRANCY ET LE BOURGET A MANIFESTER :

SAMEDI 11 JANVIER 2014

A 10H

PLACE GABRIEL PERI AU BLANC-MESNIL

POUR NOUS RENDRE EN CORTEGE A LA GARE DE DRANCY

Déraillement d’un train contenant des déchets nucléaires à Drancy

info voyageurs nucléaireUne alerte à entendre, des mesures à prendre

Alors qu’un train contenant des déchets nucléaires a déraillé en gare de Drancy, les écologistes de Seine-Saint-Denis s’inquiètent d’un nouvel incident dont on risque de ne tirer aucune conséquence. L’incident survenu lundi à Drancy aurait pu tourner au drame, même si pour l’heure, toutes les circonstances n’ont pas été éclaircies sur le déraillement d’un train « Castor » en gare de Drancy.Des élus et militants écologistes équipés d’un compteur Geiger ont été présents et mobilisés sur le terrain dès le début de l’incident. En début d’accident, les mesures sont montées jusqu’à 1,25 microSv/h.

 

déraillement train Drancy

Sans surprise, la communication fut prompte à faire état d’un incident sans fuite et rapidement maîtrisé. Or chaque citoyenne et citoyen sait par expérience qu’en France, la question des incidents liés à la technologie atomique ne fait jamais preuve d’une grande transparence.

Quoiqu’il en soit, les écologistes de Seine-Saint-Denis voient dans l’incident du 23 décembre 2013 une alerte qui, comme toute alerte, constitue une sommation avant une véritable catastrophe. La Seine-Saint-Denis se trouve, en l’espèce, confrontée à risque majeur dont il est urgent de se défaire. Ce département, qui cumule inégalités scolaires, sociales, économiques, sanitaires et environnementales (pollutions chimiques, atmosphériques et radioactives) doit faire face à des défis souvent plus importants que bien d’autres départements. Quinze jours plus tôt, c’est un train contenant des déchets chimiques qui était sorti des rails.Il doit donc faire l’objet d’un grand plan de protection environnementale, qui comprenne les risques industriels liés aux déchets atomiques.

Les écologistes demandent une réduction massive à la source de la production de déchets nucléaires (et dangereux dans leur ensemble), la sécurisation des parcours excluant systématiquement les voies non rénovées ou les longs circuits et la suppression immédiate des trafics de trains contenant des déchets dangereux en zone urbaine dense.

Les écologistes demandent également qu’une information claire soit effectuée auprès des populations exposées afin qu’elles connaissent les mesures de protection à prendre en cas d’alarme de confinement, comme celle ayant retenti lundi à 16h15. Leur colère comme leur inquiétude sont légitimes et doivent être entendues.

Les écologistes de Seine-Saint-Denis rappellent enfin la nécessité de sortir du nucléaire à terme et l’urgence de remettre en première place les intérêts humains et environnementaux, avant de prétendus intérêts économiques que la filière nucléaire ne sait même pas garantir.

30 novembre : Marche contre le racisme partout en France

Marchons contre le racisme – Appel unitaire à manifester le 30 novembre 2013         

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Un climat nauséabond s’installe dans notre pays. La garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de « guenon », sont une souillure pour la République.

Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion… Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu’égale, solidaire et fraternelle.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013 à Paris, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom Com.

A Paris le rendez-vous est donné à 14h30, place de la République

Signataires :

Collectifdom – CM 98
Ligue des droits de l’Homme – Licra – Mrap – SOS Racisme
CFDT – CFTC – CGT – FSU – UNSA – Union syndicale Solidaires
UEJF (Union des étudiants Juifs de France) – FIDL – UNEF – UNL – UFAT FCPE, Ligue de l’enseignement, France Terre d’asile, EGAM, FNASAT, R=(Respect), Banlieues du Monde, Ni Pute Ni soumise, Collectif des écrivains nègres, Association ultramarine de France, Les amis du PPM en France, Haut Conseil des Maliens de France, Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) Association culturelle de musulmans de Drancy, Conseil de Coordination des organisations arméniennes La Maison des potes, Mémorial 98, Le Syndicat des Avocats de France (SAF), Le Syndicat de la Magistrature, Les Marianne de la diversité, RESF, Fédération des Mutuelles de France, Mouvement de la paix, Fondation Copernic, SNES, CIMADE, SNEP, SNUEP, Droit au logement – DAL,SNUIPP, Le 93 au cœur de la République, Collectif national droits de l’Homme Romeurope, Harkis et droits de l’Homme, Convergence services publics, Fédération initiatives des femmes africaines de France et d’Europe (Fédération Ifafe), Les sans voix, Paroles de femmes, Union syndicale de la psychiatrie, Collectif national pour les droits des femmes, Osez le féminisme, Comité Laïcité République, Collectif Urgence Darfour, Asiagora, Association réunionnaise « Noutkabar », ADEN, ACTEUR’S, ASSOUEVAM (Association de soutien aux étrangers du Val de Marne), Association Antillo-Val d’Oisienne des amis du Gosier, An Paj Bélè média promotion bélè, Nutricréole, Le Planning Familial, Paroles de Femmes, La Fabrique, GISTI, Solidarité laïque, le CRAN, Collectif des États généraux de l’outre-mers (CEGOM), Fédération Léo Lagrange, Cercle Frantz Fanon (Fondateur Marcel Manville), Cifordom, La Génération Gagnante, Fédération Total Respect, Association Tjenbé Rèd Prévention, LGBT/OM, Fédération lesbienne, gaie, bi & trans des outre-mers, ISOM (Initiative Sida Outre-Mers), Onzième Dom, Amicale des Français/es d’outre-mers du XIe arrondissement de Paris, OME | Outre-Mers Environnements, Black Caucus France, Union française des étudiant/e/s & diplômé/e/s africain/e/s & ultramarin/e/s, Rainbow Caucus France, Union française des étudiant/e/s & diplômé/e/s LGBT, Collectif VAN (Vigilance arménienne contre le négationnisme), Syndicat national des arts vivants (SYNAVI), la Confédération syndicale des familles (CSF)
 

Dominique Voynet ne sera pas candidate à sa réélection en 2014

« Je ne suis pas candidate à ma réélection à la mairie de Montreuil »

Publié le 25 novembre 2013 sur http://dominiquevoynet.eelv.fr

 dominique voynet

« J’étais une très jeune femme quand je me suis engagée en politique, il y a plus de trente ans. Mai 68 était passé par là, et nous croyions de toutes nos forces qu’on pouvait « changer la vie ».

Avec d’autres, je me suis lancée à corps perdu dans la construction du mouvement écologiste.  Nous étions écologistes, féministes, non-violents, européens. Nous pensions qu’une démocratie se juge à la qualité de ses contre-pouvoirs, au soin apporté aux plus faibles de ses membres, à l’émancipation et à l’autonomie des personnes, au haut niveau de solidarité entre elles.

Très vite, nous ne nous sommes plus contentés d’alerter ceux qui nous gouvernent sur les risques d’un mode de développement goulu et injuste ; de les critiquer pour leur indifférence ou leur déni de ce que nous pensions être non pas une crise passagère, mais un nouvel état du monde ; de les convaincre qu’il était contre-productif d’opposer justice sociale et environnement, et que c’étaient les mêmes causes qui expliquaient l’exploitation des hommes et celles des ressources naturelles.

Nous nous sommes présentés aux élections, pour aider à engager les chantiers nécessaires, pour prouver qu’on pouvait faire autrement, pour répondre aussi à la soif d’une mouvance militante qui expérimentait, inventait, proposait des solutions nouvelles pour demain.

Ce fut, et c’est toujours, une œuvre collective. J’y ai pris ma part, en combattant le « ni-ni » et en ancrant les Verts à gauche. Au Conseil régional dans les années 80, au Parlement européen dix ans après, plus tard encore au Sénat, j’ai soutenu l’agriculture paysanne et l’économie solidaire, les sans papiers de St Bernard et l’Europe, la parité et le mariage pour tous, le désarmement nucléaire et la protection des océans, la transition énergétique et la lutte contre les paradis fiscaux. Première ministre écologiste de l’histoire de notre pays, dans le gouvernement de Lionel Jospin, j’ai prouvé – comme le font aujourd’hui Cécile Duflot et Pascal Canfin, que je soutiens de toutes mes forces – qu’on pouvait assumer de lourdes responsabilités sans se renier.

En 2008, à la tête d’une liste de citoyens, « vraiment de gauche, vraiment différents », j’ai été élue maire de Montreuil – une ville « détenue » jusque-là, et depuis 75 ans, par le parti communiste et depuis un quart de siècle par une personne qui mit en scène tour à tour son appartenance au parti (qui le fit roi) et sa prise de distance avec lui.

Ecologistes, socialistes, membres de la société civile, nous avons énormément travaillé.

Nous avons inventé un pouvoir plus collégial, ouvert à la contestation les colonnes du journal municipal, soutenu les initiatives habitantes, mis en place des procédures transparentes et équitables d’attribution des logements, des places en crèche, des marchés publics, dissous les officines opaques, rompu avec le clientélisme, et parfois le communautarisme qui rongeaient la vie municipale.

Nous avons redressé les finances de la ville, et celles de l’hôpital, en quasi-faillite en 2008, et mené à bien des chantiers engagés – et parfois enlisés – depuis des années, dans le quartier de la Mairie, dans le quartier Bel Air Grands Pêchers, construit et rénové selon les meilleurs standards écologiques des milliers de logements, réhabilité des dizaines de bâtiments dégradés et remis aux normes minimales de sécurité un grand nombre d’équipements municipaux qui étaient vétustes, archaïques et dangereux. Nous avons pris à bras le corps des questions peu populaires, comme l’insertion des Roms ou la reconstruction des foyers africains insalubres. Nous avons bâti et rénové des écoles, des crèches, des centres sociaux, des théâtres. Et une piscine écologique, et un cinéma de six salles, et un nouveau marché, et un nouveau centre de santé dans un quartier déserté par la médecine de ville.

Nous avons engagé notre ville dans la construction d’une intercommunalité de bon calibre et obtenu des extensions de lignes de tramway et de métro attendues depuis 30 ans.

Nous avons lutté contre les violences faites aux femmes et contre l’homophobie, conduit des Assises de la Culture, mis en place un Forum des Jeunes, résorbé la précarité et amélioré les conditions de travail des agents de la ville.

Nous avons innové socialement et écologiquement, de l’épicerie solidaire aux jardins partagés,  et – convaincus que l’écologie n’a de sens que si elle est populaire, que si elle permet de faire reculer les injustices et les inégalités – engagé cette grande ville de banlieue dans la transition écologique.

Tous le disent, qui ne sont pas forcément de fervents supporters : nous avons fait bouger les lignes, et dans tous les domaines contribué à transformer Montreuil en profondeur.

A la tête de cette équipe, et de cette ville incroyable, j’ai vécu une aventure passionnante, stimulante sur le plan intellectuel et infiniment riche sur le plan humain. Jamais je n’ai ressenti aussi fort la conviction d’être utile, de peser sur le cours des choses, au plus près des hommes et des femmes qui vivent, travaillent, apprennent, aiment, créent à Montreuil.

Et pourtant, j’ai pris la lourde décision de ne pas me représenter en mars.

Parce que je souffre profondément de la dégradation de la vie politique et du climat qui conduit, à Montreuil comme ailleurs, à englober tous les politiques d’une même suspicion, et de plus en plus souvent d’un même mépris, ceux qui ne cumulent pas comme ceux qui cumulent, ceux qui sont intègres comme ceux qui sont corrompus, ceux qui brossent leurs clientèles dans le sens du poil comme ceux qui refusent d’accorder des passe-droits, y compris à leurs plus proches amis ;

Parce que je mesure que, pour être réélue, je devrais me résoudre à des compromis, à des alliances, à des prises de position, qui bousculent mes valeurs et mes convictions et me conduiraient à ne plus me ressembler ;
Parce que je n’ai juste plus envie d’être la personne qu’il faudrait être pour résister imperturbablement aux banderilles plantées, à longueur de temps, au cours de conseils municipaux interminables, aux terrasses des cafés, dans les halls d’immeuble, à la sortie des écoles, par des gens dont le seul projet est de reconquérir ce qu’ils considèrent comme leur bien, leur fief, à n’importe quel prix.

Je refuse de partir en campagne en promettant logements et jobs « à la mairie » à tour de bras, comme le font certains de mes adversaires depuis des mois ; de garantir à toute personne rencontrée dans la rue que sa demande, même injustifiée, sera traitée « en priorité », que son dossier, même mal foutu, sera placé « sur le dessus de la pile » ; de promettre à chaque dirigeant d’association évoquant sans pudeur l’imminence des élections une augmentation de sa subvention annuelle.

Je refuse de « rendre coup pour coup », d’user du mensonge, de la calomnie et de l’insulte, tout comme je refuse l’intimidation physique et les menaces de « placardisation » dressées aux agents municipaux constamment instrumentalisés.

Je refuse d’user de la démagogie la plus abjecte et d’arguments aux relents lepénistes – sur l’insécurité, sur les Roms – pour frapper à l’estomac les électeurs les plus fragiles ; de cautionner l’entrisme associatif et l’instrumentalisation des corps intermédiaires, qui colorent d’une caution citoyenne des manœuvres bassement politiciennes.

Il se trouvera sans doute des commentateurs de la vie locale pour ricaner de mon choix, pour évoquer « la peur de perdre » ou « la fatigue émotionnelle ». Comme si le risque de perdre n’était pas inscrit dans le génome de ceux qui, comme moi, assument leur engagement dans un parti loin d’être majoritaire et leur refus obstiné de baiser la bague de quelque parrain que ce soit. Comme si mon rejet de la violence qui résume la vie politique de Montreuil, des rumeurs sordides, des attaques personnelles, était le signe d’une fragilité bien féminine…

Je veux les rassurer : je suis en pleine forme. Je mesure le chemin parcouru, et en éprouve une vraie fierté. Je mesure aussi celui qui reste à parcourir pour conquérir la majorité culturelle qui, seule, garantira un soutien populaire durable au changement que j’espère et pour lequel je me bats.

J’assumerai évidemment mes responsabilités de maire jusqu’au dernier jour de mon mandat, dans le souci de l’intérêt général, avec tous les membres de mon équipe, une équipe unie dont je suis fière. Je veillerai à la continuité du service public et au respect des agents municipaux dans cette période. Et j’assurerai, contrairement à ce que j’ai vécu en 2008, une transmission des dossiers qui garantisse une parfaite continuité du service public, dans l’intérêt de la ville et des habitants, quel que soit le nom de mon successeur.

Dominique Voynet »