Intervention du groupe EELV lors du Conseil Municipal du 9 avril 2015 de Bondy

Intervention de C. Cauchemez sur la validation de la charte des écoquartiers de Bondy

Signer cette charte des éco-quartiers, c’est s’engager dans une politique d’aménagement durable.

Cette charte se base sur des thèmes tels que : -la lutte contre l’étalement urbain, la sobriété énergétique, la mobilité, la mixité sociale, fonctionnelle et intergénérationnelle.

Elle pointe aussi l’importance de développer de nouvelles méthodes de travail, notamment en créant de réelles porosités entre les différents services de la ville et en nous amenant à regarder Bondy comme un territoire de projets.

L’application du développement durable en milieu urbain, ne doit donc pas être abordée comme une contrainte, mais plutôt comme une nouvelle manière de faire la ville, de lier les politiques les unes aux autres, et d’aborder notre territoire dans sa globalité.

Le tout premier éco-quartier labellisé de Bondy devra être exemplaire.

Mais au-delà de ce périmètre, les enjeux auxquels nous sommes ou allons être confrontés, ne nous permettent pas d’attendre. Les différents points abordés dans la charte sont pour la plupart d’ores-et-déjà applicables sur l’ensemble du territoire bondynois.

C’est l’ensemble de la ville qui doit être pensée avec le Développement Durable comme référentiel, pour permettre à tous les habitants de profiter d’une meilleure qualité de vie.

Intervention de B. El Kasmi concernant le contrat de maintenance des installations thermique de Bondy

Comme je l’ai dit lors de ma précédente intervention sur les CEE, l’énergie et sa bonne gestion est un enjeu de taille pour la Ville. Tant en termes d’exemplarité, de coûts et d’émissions de gaz à effet de serre.

En ces temps de disette économique, nous pourrions, en chassant le gaspillage et en investissant humblement, réaliser entre 20 et 40 % d’économies sur la facture énergétique de la Ville, soit entre 700 et 1,4 millions € d’économies / an. Chasser le gaspillage revient, entre autres, à mieux gérer nos chaudières, et c’est la raison pour laquelle nous sommes favorables à cette AMO.

Néanmoins, nous devons être en capacité, en interne, de suivre notre patrimoine et ce dans sa globalité. C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas que nous appuyer sur le futur prestataire, mais surtout sur nos compétences propres.

Sans cela cette l’AMO dont il est fait mention dans cette délibération ne sera qu’un coup d’épée de plus dans l’eau.

Intervention de B. El Kasmi sur la délibération concernant les Certificats d’Economie d’Energie de Bondy

En 2013 la Ville a dépensé près de 3,5 millions d’euros en énergie (électricité, chauffage, carburants…). Ramené au nombre d’habitants cela revient à 66 € par individu, c’est-à-dire 18 € de plus que la moyenne nationale de 48 €. Il y a donc un enjeu de taille concernant la politique maîtrise de l’énergie pour la Ville.

Prévu par la loi POPE de 2005, l’objectif des CEE est de « s’attaquer » aux gisements d’économies d’énergie. Le SIGEIF et le SIPPEREC, ont des obligations en matière de CEE. Pour ce faire, la présente convention permet à ces deux derniers d’acheter des CEE à Bondy, qui pourra valoriser, sous forme monétaire, certaines actions de maîtrise de l’énergie. Ces dernières années plusieurs dizaines de milliers d’euros ont ainsi été valorisés lors des précédentes conventions. En 2014 environ 15 000€ ont ainsi été valorisés avec l’achat de chaudières à condensation.

Afin d’optimiser le dispositif des CEE, nous comptons sur une véritable AMO de la part du groupement, afin d’orienter les décisions de la ville. Il suffit parfois d’engager 500€ de plus sur l’achat d’un équipement éligible au certificat pour générer un CEE de plusieurs milliers d’euros. Je tiens à ajouter que cette démarche, pour être viable et intéressante, doit être encadrée dès le départ avec l’insertion de clauses dans les marchés, afin que les obligés, que sont le SIGEIF et le SIPPEREC, aient l’obligation de fournir l’ensemble des documents nécessaires au montage du dossier. De plus nous attendons de la Ville un véritable suivi au niveau des services en charge de cette question.

 La municipalité doit montrer qu’elle a vocation à tendre vers l’exemplarité et que l’argent public ne sert pas à chauffer les rues.

Intervention de P. Sollier sur le dossier concernant l’adhésion au projet Europan

Une lecture attentive de ce dossier, qui repasse  aujourd’hui, nous amène à nous questionner quant à son opportunité.

Au moment où nous sommes animés par la recherche d’économies, par la nécessité de cibler notre action sur le maintien de services publics de qualité et sur les investissements  prioritaires, ce dossier nous laisse extrêmement dubitatifs.

Depuis de longues années nous parlons de l’aménagement de la RN3 en un véritable boulevard urbain. Nous avons acté la disparition de l’autopont, en particulier pour le passage du bus à haute qualité de service. Nous avons déjà fait travailler l’équipe d’architectes Grumbach sur ce projet, qui a également œuvrée sur le projet de ZAC du canal. Cette équipe a produit des travaux, ou figure de manière assez précise les futurs aménagements, notamment en ce qui concerne l’avenue Galliéni, le traitement du carrefour Polissard et Pasteur. On sait par ailleurs que cette avenue est principalement bordée d’enseignes commerciales sur lesquelles nous avons relativement peu de prise. Notamment quand ces dernières décident, par exemple, de se modifier, de s’agrandir, et ce en conformité avec les règles d’urbanisme.

J’en veux pour preuve le projet de construction de 49 logements au-dessus du magasin Gémo, qui se fera, j’en suis certain, sans le moindre souci de cohérence, mais seulement parce que les propriétaires et les promoteurs l’ont décidé.

Les jeunes architectes, qui plancheront dans le cadre d’Europan, produiront de beaux projets, et amèneront, j’en suis certain, des idées nouvelles… soit. Mais comment vont-elles s’intégrer dans le projet Grumbach déjà bien avancé ? Et surtout, a-t-on aujourd’hui les moyens de financer ce genre d’études, dont on sait pertinemment, même si de bonnes idées peuvent parfois surgir, qu’elles ne trouveront que rarement une quelconque concrétisation.

Nous pouvons donc, à notre avis, nous passer d’études de ce type, c’est pourquoi nous votons contre cette nouvelle délibération.

Intervention de P. Gauthier sur la mise à disposition du public du « dossier de modification simplifiée du PLU »

Nous profitons de cette délibération pour réaffirmer notre position quant au PLU actuel. Voté en 2011 et modifié, à la marge, un certain nombre de fois, nous pensons que ce document doit être revu en profondeur. Notre PLU actuel est symptomatique d’une densification difficilement maîtrisée de notre ville.

Bien que la première phase ANRU ait été globalement un succès, le bilan vu précédemment nous montre que nous sommes allé plus loin que le 1 pour 1, en créant 475 nouveaux logements dont 58% de logements sociaux. Et je ne parle pas des nombreux programmes privés que nous voyons fleurir en centre-ville. A ce propos nous devons aussi nous interroger : Comment se fait-il que la Ville ait tant de difficultés à impulser une plus grande mixité sociale ? De trop nombreux programmes privés sont convertis en parc social, pourquoi ?

La problématique du logement est réelle mais nous voulons maîtriser la densification plutôt que de la subir. Le PLU de Bondy est à notre sens trop laxiste et permets la réalisation d’un grand nombre de programmes sur lesquels nous avons peu ou prou notre mot à dire en tant qu’élus. Nous ne pouvons donc que difficilement nous opposer aux projets proposés, que ce soit d’un point de vue programmatique et/ou esthétique.

De plus, la densification trop rapide de notre territoire entraine toujours plus de coûts pour la Ville. Certes Bondy est une ville populaire et notre volonté est qu’elle le reste, mais faire du logement nous engage à proposer des services de qualité pour un nombre croissant d’habitants. Je vous rappelle que le rapport moyen est de 30 élèves pour 100 nouveaux logements. Mieux maîtriser notre politique c’est être aussi en capacité, de continuer à proposer des services de qualité, que nous avons, aujourd’hui, de plus en plus de mal à financer.

Au vue des nombreux enjeux qui nous attendent, qu’ils soient sociaux, éducatifs, environnementaux… Nous ne pouvons continuer à travailler au fil de l’eau. Certes notre ville doit répondre à certains impératifs, mais sans oublier les nouveaux défis qui s’annoncent. En continuant ainsi nous grignotons petit à petit nos espaces verts, tant aimés de la population, et ne nous adaptons pas au changement climatique, qui est aujourd’hui une réalité.

Nous ne pouvons pas nous permettre de renouveler les erreurs du passé. Je m’adresse donc à tous les élus ici présents, nous sommes là pour penser l’avenir de notre Ville et de ses habitants, et non le subir.

C’est pourquoi nous réclamons une révision en profondeur de notre PLU.

Intervention de P. Gauthier sur le taux 2015 des TEOM

Depuis la création de l’intercommunalité en 2010, la communauté d’agglomération Est Ensemble (CAEE) dispose du pouvoir sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et l’ancienne part de taxe d’habitation (TH) du Département. La commune conserve un panier plus diversifié avec les trois taxes ménages que sont les taxes foncières (propriétés bâties – TFPB- et non bâties – TFPNB) et taxe d’habitation.

Le transfert de la compétence collecte des ordures ménagères à la CAEE a entrainé celui des charges mais aussi des produits fiscaux (TEOM). Les taux de TEOM communaux ne sont pas homogènes et varient de 6.04% à 10.48%. Celui de Bondy étant le plus élevé.

Le principe d’égalité devant le service public impose une unification progressive de ces taux vers le taux moyen pondéré (estimé à 7.90%). La loi prévoit que la durée de convergence ne peut dépasser 10 années. Si la plupart des agglomérations confrontées au cas d’espèce opère un lissage proportionnel sur la durée, Est Ensemble n’avait pas encore commencé ce mouvement ce qui  reportait l’ajustement en le rendant d’autant plus important pour la ou les dernières années d’application.

La ville de Bondy a transféré un taux de TEOM de 10.48%. Si le lissage avait été opéré proportionnellement, le taux applicable en 2015 se situerait à 9.45% soit une différence de 1.03% pour les contribuables.

La commune de Bondy n’a cessé de plaider pour que l’harmonisation des taux puisse être entreprise dans les meilleurs délais. Les discussions difficiles ont permis d’avancer sur ce sujet.

La CAEE propose une harmonisation, avec trois années de rattrapage, vers le taux moyen pondéré de 7.90% auquel s’ajoute une augmentation de 0.25% permettant de dégager 1.5 M€ de ressources complémentaires pour l’établissement public. Le taux bondynois s’élèverait alors à 9.70% soit un gain de 0.78%.

La majorité municipale s’est engagée à assurer un maintien de la pression fiscale sur les contribuables ménages. Pour autant les nécessités budgétaires dans un contexte financier national dégradé ne permettent pas une baisse de la ressource globale. Aussi il est proposé de réintégrer la baisse du taux de TEOM dans le taux de taxe foncière sur les propriétés bâties.

Cet effet de vase communicant est permis par le fait que l’assiette fiscale

TFPB et TEOM est identique.

Les conséquences sont différentes selon la nature de contribuables :

  • Gain pour les ménages locataires : la TEOM étant refacturée au locataire, sa baisse bénéficie automatiquement au contribuable ; cela concernera 13 313 locataires soit 69% des logements d’habitation
  • Neutralité pour les ménages propriétaires occupants soit 6044 logement qui représentent 31% des logements d’habitation : la baisse de la TEOM est neutralisée par une hausse du taux de TFPB. Les ménages de plus de 65 ans et de conditions modestes exonérés de taxe foncière mais pas de TEOM seront gagnants pour cette quotité.
  • Perte pour les ménages propriétaires non occupants ;
  • Neutralité pour les commerces assujettis à la TEOM : effet identique aux propriétaires occupants.
  • Perte pour les entreprises industrielles non assujettis à la TEOM.

La substitution de la fiscalité communautaire par la fiscalité communale (0.78%) permet à la commune de dégager 450 000€.

Il est à noter qu’il avait été envisagé de compenser la revalorisation de la valeur locative cadastrale des contribuables à la TFPB (0.9% voté en loi de finances 2015).

Pour autant l’impact n’apparait pas clairement lisible sur la feuille d’impôt du contribuable qui mélange fiscalité départementale, intercommunale et taxe spéciale d’équipement. Pour cette raison l’intérêt est limité et ferait perdre 120 000€ de recettes. Il n’apparait pas opportun de retenir cette réfaction.

Aussi il est proposé :

  • De maintenir le taux de taxe d’habitation à 20.19% ;
  • De fixer le taux de taxe foncière sur les propriétés bâties à 22.98%.
  • De maintenir le taux de taxe foncière sur les propriétés non bâties à 111.08%.

Les français étouffent ! Les écologistes agissent.

Sans titre

 

 

LA FRANCE DANS LE BROUILLARD

Dans le rouge, élevé, très haut, dépassement du seuil d’alerte… Les qualificatifs se mêlent pour qualifier la pollution de l’air causée par les particules fines.

SANTE PUBLIQUE

Une pollution visible à l’oeil nu, ressentie, vécue et respirée. Une pollution qui atteint en particulier les plus âgées, les plus jeunes et les plus fragiles… Une pollution responsable de plus de 40 000 morts
prématurées chaque année.

BRAS DE FER

En Île-de-France, notamment, le gouvernement et la préfecture ont enfin accepté de mettre en oeuvre la circulation alternée, à la suite des demandes répétées d’EELV.

AGIR EN AMONT

Les mesures d’urgence ne suffisent pas. Il faut agir sur les causes pour éviter à l’avenir de nouveaux pics de pollution. Sortie du diesel, contournement des centres urbains par les poids lourds, développement
des transports en commun et de modes de transports doux… des solutions existent pour s’attaquer aux racines du fléau de la pollution de l’air.

Europe Écologie Les Verts demande qu’un Grenelle de l’Air soit organisé dans chacune des régions françaises pour revoir les critères de déclenchement des mesures d’urgence et définir les actes qui permettront de retrouver durablement un air sain pour la santé de toutes et tous.

 

Secrétariat national d’Europe écologie Les Verts
6 bis rue Chaudron, 75010 Paris
+33 (0) 1 53 19 53 19 • http://eelv.fr
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onglet ”Rejoignez-nous”…

Une nouvelle chaufferie biomasse à Bondy

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(Photo: Maurice Partouche)

 

Mercredi 4 mars était inauguré la nouvelle chaufferie biomasse de Bondy, en présence de la Maire des Bondy Sylvine Thomassin, d’Agnès Hugues, Claire Cauchemez et Patrick Sollier, élus EELV, de l’ADEME, de Claude Bartolone et Yves Lederer, Président du groupe Coriance, société gestionnaire du réseau de chaleur bondynois (Délégation de Service Public).

Un réseau de chaleur équivaut au principe du chauffage central, mais appliqué à l’échelle d’un quartier ou d’une ville. Il s’agit donc de mutualiser les moyens de production et ce afin de réduire les charges. La chaleur produite est acheminée sous forme d’eau chaude jusqu’aux bâtiments raccordés.

Le réseau de chaleur de Bondy a été créé en 1985, pour desservir les résidences des principaux bailleurs sociaux de la ville. Il alimente aujourd’hui les logements de Bondy Habitat, d’immobilière 3F et de l’OPH 93 (Terre-St-Blaise et Noue-Caillet), ainsi que des équipements publics (écoles, gymnase…).

La nouvelle chaufferie bois, situé au Nord du bois de Bondy, d’ores-et-déjà en activité, est une installation exemplaire, tant d’un point de vue écologique qu’économique. La chaleur est produite à partir de bois, une source renouvelable et peu polluante. Les fumées issues de la combustion sont filtrées et contrôlées par des experts. Quant aux cendres résiduelles, elles sont valorisées soit sous forme d’épandage ou de matériel de construction.

Aujourd’hui, à Bondy, 70% de la chaleur distribuée par le réseau est produite à partir de biomasse (bois), ressource locale, provenant d’un rayon de 100 km maximum. Ce qui signifie que l’apport même du combustible est peu émetteur de gaz à effet de serre.

Grâce à cette nouvelle installation, ce ne sont pas moins de 4 tonnes de Co2 évités chaque année, des prix plus stables, une diminution du tarif moyen de la chaleur de 30 % et enfin la création de 10 emplois.

Un bel exemple, alliant innovation, écologie, durabilité et économie.

SAUVONS LE CLIMAT, BUVONS BIO ! Le 21 MARS 2015

TREIZIÈME EDITION DU MARCHE DES VINS BIO DE MONTREUIL-SOUS-BOIS

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Le 21 mars prochain, les producteurs de vin bio seront à Montreuil pour les assises mondiales du Développement Buvable qu’organise le Marché des Vins Bio de Montreuil à l’occasion de sa treizième édition. Alors que les conférences internationales sur le climat se succèdent et que la crise n’en finit plus de s’éterniser, le marché des vins bio de Montreuil offre une occasion unique de dire non aux grandes marées qui prétendent noyer sous des trombes d’eau ce jour qui marque le retour du printemps et de l’espoir en des lendemains qui chantent.

Le message qu’apportent ces vins ébouriffants de charme et de naturel est désormais reconnu, comme le montrent l’attention que leur accorde la critique oenophile, les distinctions qu’ils accumulent dans les manifestations les plus prestigieuses, le nombre des vocations qu’ils confortent chez les jeunes vignerons et le succès qu’ils remportent auprès des amateurs avertis. A ceux qui ont soif de découvertes comme à ceux qui cherchent des raisons d’espérer en l’avenir, ou qui simplement souhaitent passer un moment agréable dans une atmosphère qui ne porte pas à la mélancolie, le marché des vins bio de Montreuil offre une occasion exceptionnelle de découvrir ou retrouver cette philosophie si aimable : le développement buvable !

Vous pourrez y rencontrer cinquante vignerons, issus des principales régions d’appellation de France, d’Italie et de Catalogne, tous partisans d’une viticulture respectueuse des terroirs à la vigne comme à la cave.

Le 13ème Marché des Vins Bio de Montreuil aura lieu :

au palais des congrès Marcel Dufriche,
117 rue Étienne Marcel
93100 Montreuil
Métro : Robespierre
le 21 mars 2015 de 10h00 à 19h00
Plus d’informations sur le site : http://bouffonsbios.ouvaton.org

Montreuil, le 23 février 2015
Contact : Daniel Mosmant
06 76 69 25 98
garfou@gmail.com

Les trois contresens autour de la loi Macron

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Alors que les terribles évènements de ce début d’année semblaient rassembler l’ensemble des forces progressistes autour de l’essentiel -à savoir les valeurs de la République -, l’épisode de la loi Macron a mis en lumière trois contresens.

Il y a d’abord le contresens économique. Alors que la crise frappe les territoires français comme peut-être jamais auparavant, avec des niveaux de pauvreté, de désespoir – d’intolérance! – extrêmement préoccupants, les réponses apportées par Emmanuel Macron ne sont pas celles que nous attendions. Texte sans imagination, porteurs de reculs des droits sociaux et environnementaux, il empêche, voire retarde le réveil du formidable vivier d’emplois que constitue la transition écologique de l’économie. La loi se veut «un coup de jeune» mais ne fait rien pour faire entrer l’économie française dans le 21ème siècle.

Il y a ensuite le contresens démocratique. En politique, le chemin emprunté compte au moins autant que l’objectif visé. Ici, le recours à des artifices institutionnels visant à contourner le débat parlementaire nous éloigne d’une pratique démocratique apaisée. Rien de bonni de constructif ne peut sortir d’un passage en force. Le gouvernement croit répondre aux aspirations des Français par plus d’autorité, alors qu’ils demandent plus d’écoute.

Il y a enfin le contresens social. Alors que le caractère fourre-tout de la loi Macron l’a rendue très difficile à comprendre, on a pu découvrir son état d’esprit général grâce aux déclarations récentes d’Emmanuel Macron dans les médias. « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre». Comme si les chômeurs et les pauvres étaient coupables de leur situation et pas, dans leur immense majorité, victimes de mécanismes de reproduction et d’accroissement des inégalités sociales.

C’est parce qu’il s’est basé sur ces trois contresens que le gouvernement n’a pas réussi à rassembler une majorité autour de la loi Macron. Transition écologique, écoute et empathie, trois axes que le gouvernement devrait prendre à son compte pour redonner du sens à son action et retrouver la confiance des Françaises et des Français.

Emmanuelle Cosse
Secrétaire nationale d’EELV

Comment lutter contre l’islamo-fascisme – Extrait du Blog Noël Mamère

Extrait du Blog de Noël Mamère

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Panneau d’une manifestante, le 11 janvier 2015, place Léon-Blum, Paris 11e (Thierry Noisette/Rue89)

 

Si le 7 janvier 2015 restera pour longtemps dans notre mémoire collective comme un moment d’effroi et d’impuissance, le 11 janvier est entré dans l’histoire de la France par la grande porte de la fraternité citoyenne.

Au-delà de leurs différences, quatre millions de femmes, d’hommes et d’enfants ont battu le pavé de leurs villes et de leurs villages au nom de valeurs que nous croyions tombées en désuétude. C’est une bonne nouvelle et un formidable message d’espérance. La France des sangs mêlés, des quartiers populaires et des bobos, des jeunes et des vieux, de ceux qui croient au Ciel et des athées, a crié son désir de liberté, de refus de la haine et son besoin de vivre ensemble.

Nous ne pouvons que nous en réjouir, même si ce sursaut cache bien des ambiguïtés et ne règle rien sur le fond.

A commencer par cette parade des puissants, organisée par le gouvernement, où l’on a vu défiler des personnages peu recommandables contre lesquels nous avons si souvent manifesté, au même endroit, pour dénoncer leurs atteintes aux libertés et aux droits de l’Homme.

Mais devant une société tout entière unie autour de ses valeurs essentielles, descendue dans la rue pour dire « je suis Charlie », au-delà de ses différences religieuses, sociales, politiques ou de ses couleurs de peau, ce quarteron d’infréquentables ne pesait pas lourd.

Toute la question est maintenant de savoir si cette résistance du 11 janvier ne restera qu’un moment de notre histoire ou si elle incarne un tournant ?

Si l’on ne redonne pas d’urgence toute leur place à la réflexion, au raisonnement, à la politique, le réveil risque d’être brutal en révélant les fractures béantes de la société française.

Refuser les réponses simplistes

Le premier sentiment devant cette double exécution, collective et de sang froid, de journalistes, de policiers et de juifs, a été l’horreur, bien sûr, la sidération, puis l’incompréhension. Se lamenter n’est pas une réponse. Il s’agit de comprendre comment un évènement aussi énorme a pu intervenir. C’est pourquoi il nous faut refuser les réponses simplistes ou simplificatrices, qu’elles soient psychologisantes ou essentialistes.

Les premières reposent sur la transformation de ces assassins en fous irresponsables. C’est dénier à ces auteurs d’actes barbares, leurs convictions et leurs parcours. Ce n’est pas parce qu’un acte semble fou que la personne qui le commet le devient ipso facto.

D’autres, en d’autres temps et d’autres lieux, ont transformé leurs prochains en des êtres abstraits qu’il fallait abattre comme des animaux au nom d’idéaux pervertis. Ces assassins ne sont pas irresponsables, ils sont des membres d’un courant politique précis qu’il faut appeler par son nom : l’islamo-fascisme.

Nous avons trop longtemps refusé de nommer ce courant au prétexte de la remise en cause générale de l’islam. Or, la vérité est que la population musulmane est aussi diverse que les communautés chrétiennes ou juives. De même qu’il y a un courant intégriste et fascisant dans la chrétienté ou un courant judéo-fasciste, il existe un courant islamo-fascisme, même s’il reste très minoritaire dans l’islam. Combattre ce courant et l’éradiquer, comme l’a été en son temps le nazisme, est une tâche politique nécessaire.

Un piège grossier

La réponse essentialiste considère que l’acte criminel est inscrit dans les gènes d’une religion, l’islam, et que les fidèles qui s’en réclament sont potentiellement des terroristes. Cette réponse est précisément ce qu’attendent les dirigeants de la mouvance islamo-fasciste, les responsables d’Al Qaeda ou du groupe Etat Islamique. Ils veulent pouvoir rassembler autour d’eux la communauté musulmane, traumatisée par l’amalgame avec les terroristes. Ils cherchent à prendre en otage et à victimiser l’ensemble des musulmans afin d’y puiser de nouvelles forces pour le djihad.

Tomber dans ce piège grossier aurait des conséquences incalculables qui se traduiraient à terme par une situation de guerre civile larvée à laquelle aspirent les islamophobes et les antisémites de tous bords.

L’islamo-fascisme est le produit d’une histoire qui lui est propre et qui évolue dans un contexte, comme n’importe quel courant politique. Ne pas vouloir l’analyser, c’est s’interdire de le comprendre et transformer la lutte politique nécessaire en une chasse au pervers démoniaque ou à l’arabo-musulman, terroriste par nature.

L’islamo-fascisme est la résultante du chaos géopolitique, engendré par la fin du bloc soviétique et la victoire de la mondialisation capitaliste. Cette dernière a conduit à des crises récurrentes, à un état de guerre permanent et à l’effacement progressif des Etats-nations sans légitimité face au déferlement de la déréglementation. La décomposition du nationalisme arabe, déjà fragilisé par des régimes corrompus et dictatoriaux, en a été accélérée.

Le successeur du nationalisme arabe

Depuis la révolution iranienne en 1979, l’islamisme radical a supplanté le nationalisme arabe. De fait, l’islam politique a représenté un espoir pour les nouvelles générations arabes qui voulaient se débarrasser de ces régimes ossifiés et de leur idéologie. Les interventions américaines en Irak et en Afghanistan, le conflit israélo-palestinien, et les printemps arabes ont fait le reste. La voie était ouverte à la constitution d’une mouvance qui, par ailleurs, trouve des financements et réseaux dans des régimes soutenus par l’Occident et se réclamant du wahhabisme ou du salafisme, tels l’Arabie saoudite ou les Emirats du Golfe.

L’autre terreau de l’islamo-fascisme est l’existence d’une jeunesse déboussolée en Europe. Dans Le Monde daté du 10 janvier 2015, le sociologue Farad Khosrokhavar faisait justement remarquer qu’on trouve des traits communs à tous les auteurs d’attentats similaires se réclamant, en France, de cette mouvance. La délinquance et l’emprisonnement, l’islamisation rapide à partir de gourous ou d’Internet, le voyage initiatique à l’étranger, caractérisent le parcours des jeunes djihadistes. Leur haine de la société est entretenue par l’assignation à résidence en banlieue, l’exclusion sociale, la précarité. Ce n’est pas les excuser que de constater ces faits. Si l’on veut détruire le djihadisme, il faut aussi assécher le marais qui nourrit la haine.

Face à une telle situation, il n’existe pas de solutions miracles.

Respecter l’état de droit

Mais, d’abord, il faut rejeter le climat de guerre déjà entretenu par la droite sarkozyste qui revient sur la guerre de civilisation. On a vu où ce concept a mené les Etats-Unis, en Irak, en Afghanistan ou sur leur propre territoire. Si l’objectif est de susciter un Patriot Act à la française en légiférant une fois de plus pour renforcer la « guerre au terrorisme », cela ne servira à rien d’autre qu’à attiser un climat de peur et de défiance contraire à la volonté d’apaisement des manifestants de ce week-end. Si au contraire, il s’agit de renforcer des mesures existantes qui n’ont pas fonctionné, dans le contrôle et la surveillance des réseaux, ou dans l’accompagnement social des quartiers populaires, nous appuierons une telle politique qui doit respecter l’état de droit, ADN de l’esprit français.

Le concept d’union nationale est également inadapté à la situation actuelle. La société n’a pas besoin d’unanimisme mais, au contraire, de débats. L’union nationale peut très vite devenir le cache-sexe à l’adoption de mesures d’exception ou au refus de tout débat politique sur la justification de l’entrée en guerre de la France sur de multiples fronts (Afrique de l’Ouest, Centrafrique, Syrie, Libye…).

L’union nationale n’a rien à voir avec le rassemblement populaire de la société contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Se rassembler pour l’espoir et la solidarité entre les peuples, dans l’esprit de Charlie, c’est-à-dire l’humour, l’ironie, la dérision, oui évidemment. Réunir les partis de gouvernement dans la défiance, la peur et le rejet, non, trois fois non.

Enfin, refuser la surenchère victimaire et lutter contre toutes les formes d’antisémitisme, d’islamophobie et de racisme, qu’elles viennent d’en haut ou d’en bas, est plus que jamais nécessaire.

Houellebecq, Zemmour, Le Pen…

Le jour de l’assaut contre Charlie, paraissait « Soumission » de Houellebecq, quelques semaines après « Le Suicide français », de Zemmour, entretenant le climat nauséabond instrumentalisé par le Front national. Son président d’honneur, Jean-Marie Le Pen, a parfaitement résumé le point de vue de cette mouvance, avec sa déclaration du 9 janvier, en pleine prise d’otages de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes : « Je ne suis pas Charlie du tout, je suis Charlie Martel si vous voyez ce que je veux dire ! » Oui, nous voyons très bien où père, fille et petite-fille veulent en venir.

C’est pourquoi le gouvernement et les responsables à tous les niveaux de la société ont une responsabilité majeure en ce moment, celle de refuser tout ce qui favorise la division de la société. Nous le voyons avec la recrudescence des actes antisémites, comme des actes islamophobes.

En quelques jours des coups de feu sont tirés contre la mosquée d’Albi, des tags racistes sont peints sur les mosquées de Bayonne et de Poitiers, des grenades sont lancées contre une autre au Mans, des coups de feu sont tirés contre une salle de prière à Port-la-Nouvelle, une autre salle de prière est incendiée à Aix-les-Bains, une tête de sanglier et des viscères sont accrochés devant une salle de prières à Corte en Corse, un restaurant-snack-kebab est l’objet d’une explosion à Villefranche-sur-Saône, un automobiliste est la cible de coups de feu dans le Vaucluse…

Les amalgames entre Arabes et musulmans, musulmans et islamistes, islamistes et terroristes, encouragés par l’injonction constante des médias et d’une partie de la classe politique à la population musulmane de se désolidariser des éléments islamo-fascistes, risque de conduire à une situation ingérable. Quant aux juifs, ils ont déjà payé un lourd tribut. Depuis l’affaire Mehra et la tuerie du Musée juif de Belgique, ils comptent leurs morts et craignent pour leur vie, pour leurs lieux de culte et leurs écoles.

Juifs et musulmans, partie intégrante de notre histoire commune

A tous et chacun, saisis par la peur et l’effroi, nous devons inlassablement répéter que la France qui a défilé le 11 janvier ne serait pas la France sans les juifs et les musulmans, qu’ils font partie intégrante de notre histoire commune, qu’ils ont contribué à la bâtir et qu’ils en sont toujours les acteurs.

Mais nous devons aussi réorienter notre politique sociale. Nous avons abandonné à la marchandisation les quartiers populaires. Les éducateurs sociaux, les médiateurs, les associations, sont liquidés dans le même temps où tout est sacrifié à « l’entreprise ». L’éducation, l’emploi, les services publics, sont en déshérence tandis que la paupérisation et la précarité se généralisent, jetant dans le néant social des centaines de milliers de jeunes chaque année.

Qu’il n’y ait pas plus d’éléments tentés par l’islamo-fascisme est même étonnant. L’affairisme et le djihadisme se renforcent l’un l’autre. La crise identitaire est la fille du néo-libéralisme. Pour paraphraser ce que j’écrivais avec mon co-auteur, Patrick Farbiaz, il y a deux mois, à propos du livre de Zemmour, dans « Contre Zemmour : réponse au suicide français » (éditions Les Petits Matins) : La barbarie djihadiste est le miroir de notre impuissance.

Les temps sont à la solidarité et à la résistance. Nous ne devons laisser aucune partie de la société au bord du chemin et lutter contre tous les maitres et apprentis sorciers de la division, contre tous les marchands de haine qui enfantent les monstres. C’est sûr, Charlie, y a du boulot ! A nous d’être à la hauteur.

Manifestation nationale pour les droits des femmes, la loi sur l’avortement a 40 ans. En avant toutes !

Prenant appui sur la crise financière de 2008, les gouvernements successifs nous imposent des politiques d’austérité. Tout en faisant des cadeaux au patronat, ils détruisent les services publics : réduction de personnel et de moyens, privatisations, fermeture de structures notamment dans la santé.

Les conséquences de ces choix politiques touchent de plein fouet les femmes. En effet, ce seront-elles qui s’occuperont à la maison des malades, des personnes âgées etc… et abandonneront leur travail ! Ces réductions de dépenses mettent en péril l’existence des associations qui luttent pour les droits des femmes. Les mouvements réactionnaires sont à l’offensive réactivent et développent leurs réseaux. Ils véhiculent et déversent des idées nauséabondes, anti démocratiques, rétrogrades, sexistes, LGBTIphobes. Ils rêvent d’une vision de la famille passéiste et de renforcer encore les inégalités femmes/hommes.

Le gouvernement n’a cessé de reculer devant eux : sur les ABCD de l’égalité, sur les stéréotypes de genre. Il a aussi reculé sur la PMA pour toutes les femmes qui était pourtant une promesse du candidat Hollande. A contrario, il reste inflexible sur nos revendications. C’est pourquoi le mouvement féministe appelle à reprendre la rue pour :

  • l’abrogation de la loi Hôpital Patients Santé Territoire
  • un centre d’IVG dédié par hôpital avec le choix de la méthode
  • la PMA pour toutes les femmes
  • le rétablissement, développement et extension des ABCD de l’égalité
  • des moyens pérennes pour les associations
  • le maintient et le développement des services publics

En 1975 on s’est battues,
on a obtenu des nouveaux droits !

En 2015
il est grand temps de reprendre la rue !

En avant toutes : le 17 janvier 2015, 14 h 30 à Bastille !

Sans titre

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