PLUS QUE 6 JOURS POUR DIRE NON A L’EPR !

Depuis 2005, L’Autorité de Sûreté Nucléaire savait que les procédures de fabrication de la cuve de l’EPR de Flamanville comportent de graves manquements. Or, la cuve est une pièce maîtresse d’un réacteur nucléaire. L’ASN avait à l’époque averti EDF et Areva des risques encourus, mais ces derniers ont tout de même lancé sa construction.

Le gendarme du nucléaire doit rendre un avis définitif sur la question en septembre prochain mais subit une pression considérable de la part d’EDF, d’Areva, de l’État français et même de la Commission Européenne dans l’optique de faire homologuer cette cuve défectueuse. C’est dans 6 jours que se réunit le prochain groupe d’experts mandaté par l’ASN.

Empêchons les intérêts de l’industrie nucléaire de
l’emporter sur la sécurité de chacun.e d’entre nous,
interpellons l’ASN pour qu’elle refuse d’homologuer cette cuve !

Je signe la pétition 

Cette pétition sera remise à l’ASN lors du Groupe permanent d’experts pour
les équipements sous pression nucléaires les 26 et 27 juin prochains.

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Fessenheim : il est temps de fermer la plusvieille centrale de France !

Le Conseil d’administration d’EDF a voté ce mardi en faveur de la proposition d’indemnisation formulée par l’État pour la fermeture de la centrale de Fessenheim. Cette décision ouvre enfin la voie à la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire de France, comme s’y était engagé le candidat puis le président Hollande.

Europe Écologie Les Verts se réjouit que la fermeture de Fessenheim soit enfin rendue possible, malgré des modalités extravagantes et un coût anormal pour le contribuable .

Cette fermeture est nécessaire pour des impératifs de sécurité : EDF voudrait faire fonctionner cette centrale pendant 60 ans, alors qu’elle a été construite pour durer 30 ans ! Elle est de plus construite sur une faille sismique et à proximité immédiate du Rhin et en zone inondable (la centrale ayant été installée, de façon aberrante, en dessous du niveau du fleuve), et suscite l’inquiétude légitime des pays voisins, l’Allemagne et la Suisse, dont les populations seraient directement victimes en cas d’accident.

Les écologistes demandent la mise à l’arrêt immédiate des réacteurs ainsi que la fermeture la plus rapide possible de cette centrale, c’est à dire avant la fin du mandat de François Hollande. Contrairement aux assertions d’EDF, le plafonnement de la part du nucléaire permet bien de fermer des centrales sans en ouvrir de nouvelles. Il sera inacceptable d’attendre l’improbable mise en service de l’EPR de Flamanville pour fermer la centrale de Fessenheim.

L’indemnisation accordée par l’État à EDF est manifestement excessive : elle est en réalité calculée pour couvrir un hypothétique manque à gagner si la centrale était exploitée pendant 60 ans, alors que d’une part, rien ne dit que l’Autorité de sûreté n’accorderait une telle prolongation, et d’autre part, que les investissements ont été calculés sur une durée d’amortissement de 40 ans ! Il s’agit donc d’une subvention cachée.

Néanmoins, maintenant qu’elle est votée, cette indemnisation doit permettre le maintien de l’emploi et la conversion des salarié-es. EDF doit former son personnel au démantèlement et acquérir le savoir-faire nécessaire dans cette filière d’avenir qu’aucun pays ne maîtrise encore à cette heure: il faudra ensuite démanteler d’autres centrales françaises, et en Europe.

Le développement du secteur des énergies renouvelables est une aubaine pour relancer le marché de l’emploi, en Alsace comme dans le reste de la France. Si le gouvernement avait eu le courage de ses promesses, les ouvrier-es de Fessenheim seraient déjà formés à ces nouveaux métiers du démantèlement et des renouvelables et n’auraient pas, aujourd’hui, à souffrir l’inquiétude de lendemains difficiles.

Pour Europe Écologie Les Verts, l’Alsace ne doit pas seulement être le laboratoire du démantèlement mais doit devenir celui des métiers d’avenir dans les énergies propres : des emplois plus sûrs que ceux de la filière nucléaire, non-délocalisables et en plein essor. C’est toute l’industrie française qui en ressortira grandie.

Depuis près de cinq ans que cette fermeture est attendue, il est du rôle d’EDF de l’anticiper et de prendre les dispositions utiles pour les salariés n’y perdent pas leur emploi et puissent continuer à travailler au service de l’entreprise. Les écologistes attendent donc qu’EDF fasse part de la stratégie à cet égard.

Europe Écologie Les Verts rappelle que la sortie programmée du nucléaire doit permettre l’essor des énergies renouvelables, seules à même de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de garantir l’indépendance énergétique du pays tout en développant des emplois durables.

Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux EELV

EDF ne peut pas piétiner la transition énergétique et la loi de la République

Les écologistes jugent déplorables et cyniques les récents propos du PDG d’EDF qui remettent en cause la loi de transition énergétique et son objectif de réduire la part du nucléaire dans la production électrique française de 77 à 50% à horizon 2025.

Il est incompréhensible qu’une entreprise publique annonce vouloir s’asseoir sur une loi de la République, par ailleurs présentée comme l’une des principales lois du quinquennat.

EELV appelle ainsi le gouvernement, et notamment la ministre de l’Environnement, à démentir immédiatement les propos de Jean-Bernard Lévy et rappeler l’intention ferme, claire et précise des engagements de la France à s’orienter vers les filières d’avenir, ainsi qu’à concrétiser le projet de société durable que représente la transition énergétique.

Celle-ci, par le déploiement des énergies renouvelables, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la diminution de la consommation énergétique, est fortement créatrice d’emploi tout en préservant l’environnement et le portefeuille des ménages.

Le nucléaire, totem des productivistes, apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : une technologie dangereuse, chère et périmée. Au vu de la vétusté des centrales nucléaires, leur prolongation et mise aux normes représenteraient une immense gabegie financière et menacerait clairement la santé et la survie d’une entreprise comme EDF. Le destin funèbre d’Areva est en ce sens une preuve accablante.

Toute obstination dans une voie du passé, dont les mythes fondateurs -sûr et bon march
é- appartiennent désormais aux livres d’histoire serait une perte de temps regrettable tant l’urgence d’ouvrir une nouvelle voie, plus sobre et plus juste, se fait désormais pressante.

Julien Bayou et Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux